Grève Maison Alfort : direction dysfonctionnelle

 Madame la Directrice diocésaine, Monsieur le Directeur de la DEEP de Créteil, 


Par la présente, la CGT Enseignement Privé dépose un préavis de grève couvrant l'ensemble des personnels de l'établissement Sainte Thérèse à Maisons Alfort pour le jeudi 25 juin 2026, jour de journée pédagogique. 

Cette décision intervient après des mois d'alertes restées sans réponse face à une dégradation continue du climat de travail et à une situation particulièrement préoccupante pour la santé des salariés. Les faits sont graves. Plusieurs personnels ont signalé leur souffrance au travail, leur épuisement professionnel, leur sentiment d'isolement et la dégradation constante des relations de travail au sein de l'établissement. 

Aujourd'hui, deux collègues sont en arrêt maladie à la suite de cette situation. Notre déléguée syndicale CGT Enseignement Privé, enseignante depuis vingt-six ans, a subi une remise en cause de son engagement syndical et des pressions incompatibles avec le respect dû aux représentants du personnel. Les conséquences ont été particulièrement alarmantes : un épisode d'hypertension sévère (203/123) constaté sur son lieu de travail et ayant nécessité une prise en charge médicale immédiate. Une autre élue du personnel est également en arrêt de travail dans un contexte similaire. 

Ces situations ne peuvent être considérées comme de simples coïncidences. Elles constituent des signaux d'alerte majeurs concernant l'organisation du travail et les pratiques managériales actuellement à l'œuvre dans l'établissement. L'ouverture d'une expertise sur les risques psychosociaux démontre d'ailleurs que ces alertes sont suffisamment nombreuses et sérieuses pour justifier une analyse approfondie des conditions de travail. Combien de collègues devront encore être placés en arrêt maladie avant qu'une réaction à la hauteur des enjeux n'intervienne ? Combien de signalements devront encore être formulés ? Combien de salariés devront voir leur santé physique ou psychologique dégradée ? 

Nous constatons que les alertes se répètent depuis plusieurs années et que des situations similaires ont déjà été signalées dans d'autres établissements où la même direction a exercé ses fonctions (Article La Dépêche - Carcassonne).  Face à cette accumulation de faits, il n'est plus possible pour les autorités de tutelle de considérer qu'il s'agit de situations isolées ou de conflits individuels. La protection de la santé physique et mentale des salariés relève pourtant d'une obligation légale de l'employeur et de ses représentants. 

Au-delà des personnels, ce sont désormais les élèves qui subissent les conséquences de cette situation : absences répétées, désorganisation des équipes, climat scolaire dégradé, difficultés à assurer sereinement les missions pédagogiques et éducatives. Les conditions d'apprentissage des élèves ne peuvent être dissociées des conditions de travail des personnels. 

En conséquence, nous exigeons : 
- la mise en place immédiate de mesures conservatoires visant à protéger les salariés ;
- l'interruption de toute pratique managériale susceptible de porter atteinte à la santé des personnels ; 
- l'intervention rapide de la Direction diocésaine et de la DEEP de Créteil afin d'évaluer la situation de manière indépendante ; 
- la conduite d'une enquête administrative et sociale sur les dysfonctionnements signalés ; 
- la prise en compte effective des témoignages des salariés et des représentants du personnel ; 
- la garantie de l'absence de toute mesure de rétorsion à l'encontre des personnels ayant témoigné ou exercé leur mandat ; 
- la mise en œuvre de toutes les préconisations qui découleront de l'expertise sur les risques psychosociaux. 

Face à la gravité de la situation et à l'absence de réponses satisfaisantes à ce jour, la mobilisation des personnels est devenue indispensable. Nous vous demandons de prendre la pleine mesure de vos responsabilités avant que de nouvelles situations humaines, médicales et professionnelles ne surviennent.
 

  Pour la CGT Enseignement Privé Laurent Fassot

Commentaires

Anonyme a dit…
Il y a tellement d’autres établissements qui subissent cette violence hiérarchique, des professeurs en souffrance …..
Anonyme a dit…
Des collègues ont maintenant peur de dire ou faire quoique ce soit, du fait des représailles que la direction peut ensuite lancer... je passe les pressions, appels à la délation etc.
Un élève a même ete sanctionné pour s'être etonné qu'un collègue ait remplacé un professeur lors d'une grève...
C'est un climat de terreur, dictatorial, et seuls ceux qui se plient évitent les coups... même notre messagerie est espionnée !
Anonyme a dit…
Ce que je lis là présente des similitudes frappantes et inquiétantes avec ce que je vis dans mon établissement. A croire que les directions toxiques utilisent les mêmes méthodes. L'objectif est de diviser les équipes et rassembler surtout une cour de fidèle en leur donnant tous les avantages possibles, ce qui les conforte dans l'idée que le CDE est top et que ceux qui s'y opposent sont les ennemis. Comment faire? Faire taire tous ceux qui s'opposent, se rebellent et défendent les victimes. Les élus du CSE et/ ou syndiqués sont dénigrés et présentés comme les ennemis à abattre. Tous les moyens sont bons pour y arriver et le mieux est de faire craquer les représentants du personnel pour s'en débarrasser. Et la voie est enfin libre pour la toute puissance et le massacre se poursuit. Que dire de tous ceux qui sont alertés? Que font Tutelles et Rectorats? La réponse est dans la question non? Un seul objectif, ne jamais désavouer et couvrir. Voilà l'exemple typique de comment, quand la situation devient trop tendue, un CDE est déplacé pour aller continuer le massacre ailleurs. Et parfois certains CDE voyagent dans la France passant du sud au nord mais rien n'y fait. Il recommence ailleurs, fait de nouvelles victimes mais ca n'inquiète personne. Bon courage aux collègues de cet établissement pour faire face à cette omerta puissante. Mais ne lâchez pas, l'union fait la force!

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