Communiqué de presse joint du Collectif des anciens élèves du collège Saint-Pierre du Relecq Kerhuon et du collectif des victimes de Kreisker Ste Ursule de Saint Pol de Léon

Le Lundi 22 Juin 2026 

Nous sommes les membres de deux collectifs finistériens qui regroupent plusieurs centaines
de victimes de l'enseignement catholique, dont beaucoup ont déjà porté plainte, et après que le
procureur de la République de Brest a lancé une information judiciaire concernant nos deux
affaires.

Communiqué du collectif Saint Pierre

Nous sommes fatigués mais aussi indignés devant une situation incompréhensible.
En effet, depuis plusieurs mois, nous sommes baladés par la direction diocésaine de
l'enseignement catholique du Finistère, qui refuse, sans le dire officiellement, que soient
apposées des plaques mémorielles à l'entrée des établissements concernés.

Pourtant, l'évêque de Quimper avait donné un écho favorable à cette demande essentielle, qui
revient tout simplement à reconnaître l'existence des nombreux actes délictueux et criminels
qui se sont produits dans ces établissements, sous le contrôle de l'évêché et de l'État français.
Il semble que l'organisation interne des évêchés, puisque les évêques nomment officiellement
les DDEC (Directeurs diocésains de l'enseignement catholique), ne permette pas à ceux-ci de
contrôler le fonctionnement de l'organisation dont ils sont l'autorité de tutelle. Cette situation
donne un éclairage édifiant sur l'enseignement catholique et pourrait même expliquer, au moins
partiellement, les raisons pour lesquelles, aujourd'hui encore, des situations problématiques
touchent spécifiquement l'enseignement catholique, alors que l'enseignement public s'en est
affranchi depuis longtemps.

Concrètement, puisque le DDEC du Finistère ne veut pas nous entendre, les membres et
les sympathisants de nos deux collectifs lui envoient, par lettre, dès ce matin, un coton tige,
pour l'aider à déboucher ses oreilles.


Nous exigeons d'être entendus afin que la plus simple des réparations des violences subies
puisse enfin, parfois des décennies plus tard, être entreprise.

Nous ne renoncerons pas, et si l'Église renonce à reconnaître ses responsabilités, les élus
locaux devront se substituer à son atonie et prendre leurs responsabilités en apposant les
plaques mémorielles sur la voie publique, devant les établissements concernés.
Pour toutes les victimes :

Didier VINSON – Porte parole du collectif Saint Pierre

Communiqué collectif des victimes de Kreisker Ste Ursule de Saint Pol de Léon

Aujourd’hui, nous sommes profondément indignés et en colère par une situation que nous
peinons à comprendre.

Depuis plusieurs mois, nous avons le sentiment de nous heurter à une absence de décision
claire de la part de la direction diocésaine de l’enseignement catholique du Finistère concernant
notre demande d’apposition de plaques mémorielles à l’entrée des établissements concernés.

Pourtant, cette demande avait reçu un accueil favorable de la part de l’évêque de Quimper. Pour
nous, cet acte mémoriel constitue un geste essentiel : il ne s’agit ni de stigmatiser les
établissements actuels, ni de raviver les divisions, mais simplement de reconnaître
publiquement l’existence de violences graves — parfois criminelles — qui ont marqué
durablement des générations d’enfants.

Cette reconnaissance est indispensable, non seulement pour les victimes, mais aussi pour la
mémoire collective. Les difficultés actuelles soulèvent également des interrogations plus larges
sur le fonctionnement institutionnel de l’enseignement catholique et sur la capacité réelle de
ses structures de gouvernance à répondre rapidement et clairement à de telles situations. Elles
interrogent aussi les mécanismes de silence qui, durant des décennies, ont permis à ces
violences de perdurer.

Face à ce blocage, les membres et sympathisants de nos deux collectifs ont choisi un geste
symbolique : adresser ce jour un courrier accompagné d’un coton-tige à la direction diocésaine,
afin d’exprimer, de manière pacifique mais déterminée, leur sentiment de ne pas être
suffisamment entendus.

Notre demande est pourtant simple : être écoutés et permettre qu’une première forme de
réparation, même tardive, puisse enfin voir le jour. Nous n’abandonnerons pas cette démarche.
Si l’Église devait renoncer à assumer pleinement ses responsabilités dans ce travail de
mémoire, nous appelons les élus locaux à prendre le relais et à soutenir l’installation de plaques
mémorielles sur la voie publique, à proximité des établissements concernés. La mémoire, la
reconnaissance et la prévention ne peuvent plus attendre

Gildas MARIE – Porte parole du collectif Kreisker Ste Ursule

Annexes : lettre d'info, courriers DDEC & politiques

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