Prévoyance : le privé catholique face à une fronde historique
Avec le coût de la prévoyance qui risque de fortement augmenter, l’intersyndicale du privé fait front commun pour sauver un acquis de 50 ans. Un conflit assez inédit est ouvert dans l’enseignement catholique. Environ 700 personnes ont fait le déplacement à Paris et de nombreuses manifestations ont eu lieu en France. « Les discussions engagées ne permettent pas de garantir la conclusion d’un accord de substitution offrant un niveau de protection équivalent dans les délais impartis » , soulignent les 4 syndicats du privé qui promettent « une rentrée 2026 compliquée ».
Article Café Pédagogique
Publié le 29 mai 2026
Un enterrement en grande pompe
Moins d’un millier de personnes ont ainsi remonté la rue Soufflot derrière un corbillard sous une musique de Mozart. Un vrai spectacle pour les touristes présents. « On est en colère ! », scandent les manifestants. « J’ai décidé de faire grève quand j’ai vu la perte que je vais avoir au niveau de la prévoyance », explique cette enseignante. « Je perds environ 1/30 ème de mon salaire mais là on parle de la santé ! Déjà que notre salaire net est plus faible que dans le public et que notre retraite est calculée sur 25 ans…». La prévoyance actuelle existe depuis 1978 et maintient une rémunération à 95%. La proposition du Ministère via la MGEN est plus chère et moins avantageuse.
« Est-ce que ce sont les valeurs du catholicisme ? »
A Paris, autour du cercueil qui symbolisait la prévoyance, beaucoup prenaient des photographies avec en fond le majestueux Panthéon. Dans les discours des secrétaires généraux, la colère est bien présente. « L’enseignement catholique abandonne ses enseignants. La prévoyance est quelque chose qui protège les personnes malades ou en invalidité », explique Valérie Ginet (Fep-CFDT). La cheffe de file des chasubles orange dénonce le manque de solidarité et de compassion. « Est-ce que ce sont les valeurs du catholicisme ? », tonne Valérie Ginet dans son discours de 5 minutes. « Cette nouvelle prévoyance va aussi réduire notre pouvoir d’achat ».
Du côté du SPELC, la colère est la même. « Un droit essentiel est aujourd’hui menacé. Notre prévoyance n’est pas un privilège », lance Jean-Louis Stalder au micro. « Il n’est pas acceptable de résumer la solidarité à une ligne d’écriture comptable. (…). La solidarité est une valeur morale, elle devrait trouver toute sa place dans l’enseignement catholique ».
« Nous sommes déterminés à défendre notre modèle de protection solidaire ! ».
« La FNOGEC évoque une surcomplémentaire en plus de la MGEN. Ce schéma ne tient pas ! ». Les « Guéret démission » sont entendus à plusieurs reprises. Pierre-Vincent Guéret est actuellement le président de la FNOGEC (fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique) qui a la main sur la prévoyance. « L’Etat ne cédera pas sur une impasse juridique ».
La syndicaliste évoque une perte moyenne de 2,5% de salaire pour les 145 000 professeur.es du privé. Elle rappelle aussi « le travail invisible » des profs du privé avec « du bénévolat quotidien » notamment « sur les aides données à la cantine, lors des journées portes ouvertes…»
« De l’argent, il y en a pour les petits fours ! »
La dernière prise de parole revient à la CGT privé. « C’est une attaque sociale totalement inédite vis-à-vis des enseignants du privé sous contrat », lance Barbara Danino (CGT). « L’accord a été dénoncé le 24 juillet 2024 par le collège employeur et les organisations des chefs d’établissement, ceci sans concertation, sans aucune honte ! (…) Quand une collègue devient invalide ce n’est pas un coût, quand une famille perd un proche ce n’est pas un tableau Excel. De l’argent, il y en a pour la communication institutionnelle, pour les restructurations, pour les cabinets de conseils et pour les petits fours ». La syndicaliste prend pour exemple la récente « journée pédagogique de Nice »…
La Rédaction du Café pédagogique

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