Les enseignants du privé craignent de voir disparaître leur régime de prévoyance santé
ICI Breizh Izel, Morgane Guiomard
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Les professeurs de l'enseignement catholique craignent la suppression de leur prévoyance santé, en janvier 2027. L'État va proposer un contrat plus cher et moins avantageux. Un collectif d'enseignantes en situation de handicap dans le nord-Finistère réclame le maintien du régime actuel.
Les enseignants du privé craignent de voir disparaître leur régime de prévoyance santé, dès le 1ᵉʳ janvier 2027. Ils sont 140.000 en France, dont 14.000 en Bretagne, premier et second degré confondus. Ce régime leur permet notamment d'avoir un complément de revenus en cas de contrat à temps partiel en raison d'un handicap, ainsi que durant un arrêt maladie longue durée. Cette suppression du contrat de prévoyance santé inquiète notamment un collectif de six enseignantes du privé en situation de handicap, dans le nord-Finistère. Elles réclament le maintien du système actuel.
Un collectif d'enseignantes créé dans le nord-Finistère
"Nous souhaitons que notre système de prévoyance tel qu'il est actuellement perdure et continue de nous protéger", explique Cécile Guyomard, membre de ce collectif. Fragilisée par un cancer, elle travaille à temps partiel, à 50%, à l'école Notre-Dame de la Charité, à Saint-Pol-de-Léon. L'institutrice craint de voir ses revenus divisés par deux, au 1ᵉʳ janvier 2027, avec la suppression de la prévoyance santé. "Les revenus d'un ménage calibrent aussi les emprunts, les études des enfants. Si je reçois la moitié de ce que je percevais, ça me met en grande difficulté financière."
Sa collègue, Catherine Appéré, a perçu une compensation de salaire suite à un arrêt maladie longue durée. Elle ne sait pas comment elle aurait fait sans cette prévoyance. "Au bout de trois mois, j'ai perçu mon salaire à 50% et heureusement que j'ai eu ce complément de salaire par la prévoyance parce que j'étais seule, j'avais mes deux jeunes enfants à ma charge et un prêt immobilier à rembourser."
Un contrat de prévoyance financé par la Fnogec
Ce contrat de prévoyance était, depuis 2005, pris en charge par la Fédération nationale des organismes de gestion de l'enseignement catholique (la Fnogec ). Une organisation qui fédère les associations-support des écoles privées, en grande partie financée par les parents d'élèves scolarisés dans le privé. "Ça fait 20 ans qu'on finance avec l'argent des familles, une prévoyance à hauteur de 60 millions d'euros par an. Ce n'est pas rien", explique son président Pierre-Vincent Guéret.
Il estime que ce contrat de prévoyance n'est plus du ressort de sa fédération car les professeurs de l'enseignement catholique sont considérés comme des agents publics qui dépendent de l'État. Il argumente : "L'État met enfin en place une prévoyance pour les fonctionnaires. Ce que nous, on a fait pendant 20 ans à la place de l'État, il est temps que l'État le fasse à la place qui est la sienne, c'est la place d'employeur". Une réponse qui ne satisfait pas le collectif des personnes en situation de handicap de l'enseignement catholique du nord-Finistère, et notamment Cécile Guyomard, qui estime que Pierre-Vincent Guéret, "rejette la responsabilité sur les autres. Mais c'est bien la Fnogec qui supprime cette prévoyance."
Un nouveau contrat de prévoyance proposé par l'Etat, moins avantageux
Pierre-Vincent Guéret précise par ailleurs que "tous ceux qui ont un dossier de prévoyance ouvert sur ce contrat" continueront de bénéficier des mêmes garanties, "nous avons des provisions qui vont jusqu'à la fin de ce contrat". Pour autant, le ministère de l'Éducation nationale projette de proposer une prévoyance santé à la cotisation plus chère pour les enseignants du privé et avec des garanties moins importantes. En l'occurrence, il s'agirait d'adhérer à la Mutuelle générale de l'éducation nationale (MGEN). Ce que regrette Christian Guillerm, représentant du syndicat national de l'enseignement chrétien (Snec-CFTC) dans le Finistère et en Bretagne. Une manifestation est prévue le mercredi 27 mai devant la direction diocésaine du Finistère, à Quimper.
Les enseignants du privé sont, par ailleurs, soutenus par leur hiérarchie Christophe Geffard parle au nom des quatre directeurs diocésains bretons de l'enseignement catholique. Il défend un système qui existe depuis 1978. "Ça fait partie de l'appartenance à l'enseignement catholique et c'est un avantage social qui nous paraît vraiment à maintenir."
Les membres du collectif des personnes en situation de handicap dans l'Enseignement catholique , dans le nord-Finistère


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