Écoles catholiques lasalliennes : plus de 250 anciens élèves victimes de violences physiques et sexuelles dans une cinquantaine d'établissements
Le collège de Levier dans le Doubs, dirigé par les frères La Salle, où se sont passés une partie des faits recensés par le collectif de victimes. (MARIE MAISON / RADIO FRANCE)
D'anciens élèves dénoncent des attouchements sexuels, des viols, des tabassages, des tortures et actes de barbarie. Les premiers faits dénoncés remontent aux années 1950. Les victimes avaient entre 5 et 15 ans.
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D'anciens élèves, de générations différentes, dénoncent des violences physiques ou sexuelles qu'ils ont subies, depuis les années 1950, alors qu'ils étaient âgés de 5 à 15 ans au moment des faits. Ils affirment avoir subi des attouchements sexuels, des viols, des tabassages, des tortures et actes de barbarie.
Des établissements concernés partout en France
Les témoignages ont permis d'identifier plusieurs pédocriminels et des bourreaux potentiels au sein d'une cinquantaine d'établissements gérés par les Frères des écoles chrétiennes, comme à Passy-Buzenval, à Rueil-Malmaison, à Saint-Genès, à Bordeaux et Talence, au Likès, à Quimper, à PIC La Salle à Béziers, à Saint-Jean-Baptiste de La Salle à Rouen, également à Saint-Germain-en-Laye ou plus récemment à Saint-Bernard Sainte-Marthe à Besançon.
"Je pense qu'il y a beaucoup plus de victimes, c'est évident", explique le coprésident du collectif, Philippe Chemineau, à ICI Besançon. Selon lui, huit anciens élèves de l'ancienne école Saint-Bernard-Sainte-Marthe à Besançon, dans le Doubs, pointent du doigt le "Frère P." "Quand on suit l'itinéraire du 'superprédateur', le Frère P., il a été en poste à Besançon (Doubs) de 1966 à 1975, ensuite il est parti à Semur-en-Auxois (Côte-d'Or) de 1975 à 1979, mais ensuite il est revenu dans la région, où il s'occupait de la maison de retraite des frères Saint-Joseph à Levier, et donc il était en contact avec des enfants de nouveau", détaille-t-il. Si 12 victimes ont été recensées dans le Doubs, seules deux plaintes ont été déposées, dont une pour viol au sein du collège Saint-Joseph à Levier, information révélée par L'Est Républicain et confirmée par le parquet de Lons-le-Saunier à ICI Besançon.
"Plusieurs centaines" d'enfants potentiellement victimes de crimes sexuels, selon le collectif
Sur l'ensemble du pays, le collectif de victimes des Lasalliens estime que "plusieurs centaines" d'enfants pourraient avoir été victimes de crimes sexuels et "plusieurs milliers" d'autres de violences physiques et psychologiques. Le collectif de victimes réfléchit à lancer une action au civil pour faire condamner la Congrégation des Frères La Salle. "Ce sont nos seules chances d'avoir une réparation éventuelle intégrale sur toutes nos vies brisées", poursuit Philippe Chemineau. Il réclame que la Congrégation reconnaisse sa responsabilité dans ces violences "systémiques", ainsi que la création d'un fonds de réparation de 100 millions d'euros.
Mais plusieurs victimes de violences sexuelles recensées par le collectif ont déjà été indemnisées directement par la Congrégation, en échange de la signature d'une clause de confidentialité. "C'est un accord commercial qui demande à s'engager à ne plus jamais révéler ce que vous avez contractualisé. C'est honteux, moi j'ai refusé de signer", dénonce Philippe Chemineau. "Nous victimes, on a besoin de savoir qui sont les autres camarades qui ont vécu la même chose que nous. Il vous achète votre silence et ça pour moi, c'est insupportable", déplore-t-il. Début février, la Congrégation a déclaré avoir versé aux victimes 2 434 882 euros de dédommagements.
Pour contacter le collectif de victimes : victimes.lasalliens@gmail.com

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