Proposition de loi sur les violences dans les établissements scolaires : "il y a un tabou sur l'école privée", déplore Paul Vannier

 

Paul Vannier, député LFI du Val d'Oise, était l'invité de "Tout est politique" sur franceinfo mardi 24 février. Il a répondu aux questions des journalistes Sonia Chironi et Nathalie Saint-Cricq. 

Franceinfo 

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Ce texte correspond à la retranscription d'une partie de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.


Sonia Chironi : On va parler des conséquences politiques après la mort de Quentin Deranque. Mais tout d'abord, on voulait revenir sur le travail que vous avez effectué avec la commission d'enquête sur Bétharram, dont vous avez été co-rapporteur. Vous aviez déposé une proposition de loi face à l'urgence à agir sur les violences à l'école. Aujourd'hui, on l'a appris, cette proposition de loi ne va pas être inscrite à l'ordre du jour des semaines à venir. Cela signifie que votre proposition de loi est enterrée ?

Paul Vannier : Ça signifie, qu'alors qu'elle était la plus soutenue des propositions de loi discutées aujourd'hui en conférence des présidents, par le plus grand nombre de députés, 142, issus de neuf des onze groupes de l'Assemblée, qu'elle n'a pas été retenue parce qu'il y a eu un vote défavorable. Le Rassemblement national et la droite se sont opposés à l'inscription de ce texte, qui était soutenu par mon groupe, par La France insoumise, par les socialistes, par les écologistes, à l'ordre du jour.

Quelles étaient les motivations ?

Je n'ai pas connaissance de ces explications. Je crois qu'il y a simplement eu ce vote et je veux dire que l'abstention du groupe de Gabriel Attal a permis que cette majorité de droite et d'extrême droite se constitue et barre la route à ce texte. Moi, je suis scandalisé par cette situation parce que c'est le sort de millions d'enfants qui est en question. Cette proposition de loi propose des mesures d'urgence pour prévenir et pour lutter contre les violences.

Nathalie Sant-Cricq : pour quelles raisons ont-ils refusé ?

Il y a un tabou autour de la question de l'école privée. C'est notamment la question des violences dans ces établissements qui est posée car c'est là qu'elles se concentrent. La violence touche aussi les établissements publics, mais elle se concentre dans les établissements privés. Et il y a un tabou qui conduit des responsables politiques à refuser tout débat et toute modification d'un système qui actuellement est défaillant (...). Il s'agit de violences de masse, de violences qui sont aujourd'hui encore perpétrées dans certains établissements et, donc, il faut du contrôle, il faut de la formation des personnels et des élèves.

Selon vous, il y a là une volonté politique de fermer les yeux sur les violences sexuelles à l'école, particulièrement dans ces établissements privés ?

Oui, il y a la volonté de protéger coûte que coûte des privilèges exorbitants de l'enseignement privé.

Même au nom de la santé des enfants ? C'est très grave comme accusation.

C'est très, très grave et je ne peux que constater le résultat de ce vote. Alors moi, je ne vais pas en rester là. Nous allons continuer à appeler les députés, qui sont très nombreux à soutenir ce texte.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.

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