Plusieurs signalements à la justice pour des violences à l’école
Après la diffusion d’une enquête de «Cash Investigation»,
le ministre de l’Éducation a fait état de plusieurs signalements à la
justice sur des violences dans des établissements privés et des
défaillances dans le périscolaire.
Article Sud Ouest 31 janvier 2026
Périscolaire, écoles, activités sportives… La révélation de nouveaux cas de violences sur enfants dans une enquête de «Cash Investigation» sur France 2 jeudi pose la question des outils de signalement et de leur efficacité.Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé hier «procéder ce jour à plusieurs signalements sur le fondement de l’article40 du code de procédure pénale» après la diffusion de l’enquête.
Cette dernière s’intéresse aux défaillances du périscolaire, notamment à Paris, mais aussi à des dysfonctionnements et violences dans des établissements privés catholiques sous contrat en se penchant sur le cas de l’Institution Champagnat à Issenheim (Haut-Rhin) et de l’établissement scolaire L’Espérance à Sainte-Cécile (Vendée). «Pour ce qui relève des pouvoirs administratifs de l’Éducation nationale, j’engage sans délai les procédures de contrôle et de sanction. Une seule ligne: ne rien laisser passer», a déclaré le ministre, sans préciser quels établissements ou personnels seraient visés. L’article40 du code de procédure pénale prévoit que toute autorité ayant connaissance d’un crime ou un délit doit en informer la justice.
L’enquête fait état notamment de faits graves à L’Espérance, école, collège et lycée de Vendée accueillant environ 200 élèves, non mixte à partir du collège. Trois anciens élèves y témoignent d’un «climat raciste omniprésent», d’«insultes homophobes», du non-respect de certains programmes, de propos négationnistes ou encore de méthodes éducatives violentes du directeur (claques aux élèves qui n’atteignent pas leurs objectifs de résultats scolaires).L’un de ces anciens élèves indique notamment avoir été appelé «Bamboula» par ses camarades de classe, ce que la plupart des professeurs auraient «laissé couler aussi également, parce que c’était mon surnom, c’était comme ça». Il raconte aussi avoir trouvé une croix gammée dessinée sur sa chaise ou reçu des menaces verbales d’élèves, dont certains lui auraient fait des saluts hitlériens.
Enfin, via une caméra cachée, «Cash Investigation» a été reçu par un abbé en charge du recrutement de cet établissement, qui fait état de messes obligatoires au collège ou d’une surveillance de l’internat confiée en partie à des élèves. Concernant l’Institution Champagnat, «Cash Investigation» a recueilli le témoignage d’une ancienne enseignante de l’établissement, qui dénonce notamment une direction «défaillante», des «dysfonctionnements» et une omerta entretenue autour d’affaires d’agressions sexuelles qu’elle a dénoncées, dont plusieurs ont depuis donné lieu à des condamnations. L’enquête de « Cash Investigation » s’intéresse aussi aux conditions de travail des animateurs à Paris. On y voit notamment des témoignages de parents dont les signalements de comportements suspects d’animateurs ne sont pas pris en compte, mais aussi l’absence de cadre de recrutement ou encore des comportements inappropriés d’animateurs, dont une qui embrasse un enfant sur la bouche dans une école maternelle du 7e arrondissement de Paris.
L’Assemblée nationale a adopté tard jeudi soir en première lecture une proposition de loi transpartisane visant à mieux protéger un enfant victime d’inceste ou de violences. Comportant plusieurs volets, la proposition de loi entend renforcer les contrôles dans les lieux d’accueil et de protection de l’enfance, en les rendant obligatoires tous les trois ans, voire deux ans pour les pouponnières à caractère social, contre cinq ans jusqu’ici. Le texte prévoit aussi la création d’une «ordonnance de protection provisoire», qui vise à agir avant d’éventuelles poursuites judiciaires. En cas de mise en danger de l’enfant par un parent, le procureur de la République pourra organiser sa mise sous protection, pouvant aller jusqu’à interdire au parent mis en cause d’entrer en contact avec l’enfant et de paraître dans certains lieux (domicile, école, lieux d’activités…).

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