"On se retient toute la journée" : à Perpignan, les toilettes de ce collège privé n'ont plus de portes depuis deux mois
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"Saccagées par certains élèves" durant l'automne, les toilettes des garçons du collège privé Maintenon n'ont plus de portes depuis deux mois. Plusieurs parents ont écrit cette semaine pour se plaindre. Le chef d'établissement veut désormais "des portes qui résistent à un tank".
Le soir, quand il rentre de Perpignan et du collège Maintenon, Alexandre n'a qu'une seule idée en tête : "Aller aux toilettes !" Il faut dire que cet élève de 5e refuse de se rendre aux toilettes de son établissement. "Des élèves de 3e ont tout cassé cet automne et depuis, il n'y a plus de portes !" Alexandre part de chez lui de chez lui le matin en bus pour aller au collège vers 6h50 et en revient parfois à 18h. "J'arrive à me retenir", explique-t-il sobrement. Et quand la vessie ne tient plus ? "Quand un pote a vraiment besoin d'aller aux toilettes, on fait la porte. On se met dans le cadre de la porte et on le cache pour ne pas que le pote soit vu..."
Sauf que cette technique a visiblement ses limites : "Un jour, un
gars était sur les toilettes et un de ses amis le cachait, mais d'autres
sont arrivés, ont bousculé tout le monde et l'ont même filmé sur les
toilettes... Ils trouvaient ça drôle. Moi je n'y vais plus du tout. Parfois on a mal au ventre toute la journée, c'est gênant, ce n'est pas normal", râle Clément, lui aussi en 5e.
Le collège privé Maintenon accueille en tout 630 élèves. Cette semaine, plusieurs parents ont écrit à la direction de l'établissement pour demander des explications. "Je trouve ça lunaire, lâche une parent d'élève. Je trouve que c'est un scandale. On accepterait jamais cette situation ailleurs alors là pour nos enfants... Imaginons un enfant dans une situation de gastro, comment ça se passe ? " Cette mère de famille reproche aussi au collège "son manque de transparence. Si nos enfants ne nous en parlent pas, personne n'a pensé à prévenir les parents et ce n'est pas normal. On a l'impression que c'est quelque chose qui est mis sous le tapis en attendant le prochain budget".
"J'ai demandé qu'on installe des portes qui résistent à un tank"- Le chef d'établissement
Le chef d'établissement du Cours Maintenon, Jean-Pierre Mazeau, lui se dit "désolé de la situation. Cet été, après avoir refait les toilettes des filles, nous avons entièrement refait le côté pour les garçons. Tout était neuf à la rentrée. Les travaux ont coûté 26.000 euros, mais les portes ont été saccagées. On cherche désormais des solutions pérennes : j'ai demandé qu'on installe des portes qui résistent à un tank, qui même maltraitées, résistent. Ce sera cinq fois plus cher".
Ces nouvelles portes, plus solides, devraient être installées durant les vacances scolaires de février (23 février - 8 mars). La direction de Maintenon a-t-elle tardé à réagir ? "C'est toujours trop long dans ces cas-là", répond Jean-Pierre Mazeau, qui assure aussi ces dernières semaines l'intérim de direction au lycée Bonsecours de Perpignan.
"Un problème national"
Il n'y a évidemment pas qu'au Cours Maintenon que les toilettes posent problème dans les Pyrénées-Orientales. Les soucis d'intimité, d'hygiène ou de violences sont récurrents. "C'est un problème national", confirme Florent Martin, proviseur du lycée d'Argelès-sur-Mer et secrétaire académique du syndicat des directeurs d'établissements. "Il s'agit d'une véritable problématique, et qui n'est pas nouvelle. C'est un enjeu de santé pour les élèves et puis c'est aussi un enjeu de climat scolaire, car, surtout dans les collèges, les toilettes peuvent être le lieu de certaines dérives. On peut y retrouver des cigarettes ou du harcèlement." C'est aussi l'endroit où certains collégiens utilisent leur téléphone.
Florent Martin évoque "des établissements parfois anciens avec des locaux pas adaptés" mais il pointe aussi du doigt le manque de surveillants. "C'est souvent le maillon faible de nos dispositifs. En collège, il est indispensable que les toilettes soient surveillées pendant les récréations ou la demi-pension. Or, dans beaucoup d'établissements, il n'y a pas les moyens humains suffisants. Parfois, les toilettes restent donc fermées et les élèves doivent demander à un surveillant de leur ouvrir. Ce n'est pas satisfaisant, mais ça permet souvent d'éviter les dégradations."

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