« Voyage en puberté » à l’école Sainte-Anne de Plescop : « sur la sexualité, ils ont besoin de beau, d’espérance, de positif »

Le 01 décembre 2025 à 20h30   Article Le Télégramme

Caroline Lafargue

Elle est obligatoire depuis la rentrée, dans toutes les écoles. L’éducation affective et relationnelle était déjà dispensée depuis douze ans dans le réseau catholique du Morbihan, avec une approche différente. Pour les CM2, il s’agit d’un « Voyage en puberté ». Reportage à l’école Sainte-Anne de Plescop.

Le sujet ne les laisse pas de marbre. Ce lundi, les CM2 de l’école catholique Sainte-Anne de Plescop, ont entamé leur « Voyage en puberté », une journée d’éducation affective, relationnelle et sexuelle (EARS), conçue par la direction de l’enseignement catholique. Dans le groupe de sept filles guidé par Marie Mahot, les mains étaient constamment levées. Après avoir parlé émotions et besoins le matin, le groupe aborde la puberté, les organes sexuels et la transmission de la vie, séparément des garçons, mais tous font le même programme. Très intriguées par les changements qui les attendent, les filles mitraillent Marie Mahot de questions. « C’est quoi, les pertes blanches ? », demande Maëva. « Pourquoi c’est les filles qui tombent enceintes, et pas les garçons ? », s’interroge une autre. « Si on ne trouve pas un homme à partir du lycée, c’est grave ? », s’inquiète Apolline.

Dans la version catho, de l’EVARS

Ce «  Voyage en puberté » est déployé depuis douze ans dans les écoles catholiques. Depuis la rentrée 2025, l’Éducation nationale a rendu obligatoire dans toutes les écoles, quel que soit leur statut, son propre programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Cette obligation légale a dopé les demandes d’intervenantes pour le « Voyage en puberté » dans les écoles catholiques. « En 2024-2025, on a fait le programme dans 90 écoles - soit 44 % des écoles catholiques, indique Domitille de Chabot, infirmière et coordinatrice de l’EARS dans le premier degré. Cette année, à fin novembre, on avait déjà 70 inscriptions d’écoles. Les programmes EVARS et EARS sont les mêmes à 90 %. Ils traitent de l’estime de soi, de la puberté, etc. dans le but de prévenir des abus, de la pornographie et des dangers des réseaux sociaux ». Même si les mots ne sont pas forcément les mêmes : l’approche catholique met l’accent sur l’unité entre le corps, le cœur, et l’esprit de l’enfant, et pose la relation humaine comme source de joie. « Sur la sexualité, ils ont besoin de beau, d’espérance, de positif. Ça doit mettre des étoiles dans les yeux. Si on en parle sous l’angle hygiénique et prévention, ça ne suffit pas », estime Domitille de Chabot.

« Beaucoup de CM parlent de porno »

?Ce lundi matin, à l’école Sainte-Anne, les enfants étaient invités à identifier, dans leur entourage, leur « personne de confiance ». « Quand un enfant n’a repéré personne autour de lui, ça nous alerte. Ce matin j’ai vu un enfant qui m’inquiète, j’en ai parlé au directeur », confie Domitille de Chabot. La coordinatrice note des tendances dans les questions des enfants. « Depuis deux ou trois ans, on a moins d’enfants qui nous font part de questions sur leur identité de genre. Mais beaucoup de CM1-CM2 nous parlent de porno. L’exposition aux premières images porno est directement liée à l’âge auquel ils ont leur premier téléphone ». À tel point qu’elle a fait évoluer le programme de «  Voyage en puberté ». « On prend plus de temps sur leurs besoins, les personnes de confiance, on a revu tous nos outils pour parler plus du porno et des abus – dans le sillage du rapport de la Ciivise. Dans toutes les classes, on sait qu’un enfant sur cinq est victime d’abus sexuels ».

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