Après le « scandale Saint-Stanislas » à Nantes, la liste des établissements s’allonge encore
Au 14 novembre 2025, le diocèse de Nantes avait déjà recueilli 122 témoignages dénonçant des faits d’agressions sexuelles ou physiques commis dans plus de vingt établissements en Loire-Atlantique. Des noms de prêtres, de religieux ou de laïcs ont été cités.
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À mesure que les jours passent, les listes ne cessent de s’allonger : celle des faits rapportés à la cellule d’accueil et d’écoute du diocèse de Nantes , celle des agressions dénoncées, celle des suspects désignés, celle des établissements concernés, aussi.
Dans le dernier point d’étape établi le 14 novembre 2025, le diocèse indique avoir accompagné 122 personnes. Certaines ont confié avoir été victimes d’agressions sexuelles, d’autres d’agressions physiques. Tous les témoignages envoyés décrivent de graves violences commises par des prêtres, des religieux ou des laïcs. Tous ont fait l’objet de copies, transmises au procureur de la République de Nantes, précise le diocèse.
Huit établissements primaires et treize autres établissements secondaires
Ces dossiers font suite à l’appel à témoins lancé, fin août, après la révélation d’abus sexuels commis par le passé au sein de l’établissement catholique Saint-Stanislas. Une enquête a rapidement été ouverte par le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, visant notamment à éclaircir les circonstances du suicide d’un homme, survenu le 31 juillet 2024, qui avait révélé à ses proches avoir subi de tels actes.
Les noms de huit établissements primaires et treize autres établissements secondaires noircissent désormais la liste des lieux cités par les personnes ayant contacté le diocèse, parmi lesquelles des victimes, très jeunes à l’époque des faits dénoncés (lire ci-dessous). Dans les premiers, neuf témoignages font état d’agressions, chacun désignant un seul agresseur identifié (deux femmes et sept hommes, dont un prêtre et deux religieux). Dans les seconds, trente-trois faits d’agressions, ayant fait vingt-huit victimes, ont été portés à la connaissance de la cellule. Les violences décrites (attouchements, coups, gifles, brimades) ont été commises par des hommes, principalement des prêtres et des religieux, entre 1960 et 1990 , indique le diocèse. Vingt-quatre agresseurs ont été nommés et quatre restent non identifiés.
« Plusieurs viols rapportés »
Autour de l’école primaire (fermée en 1970) et du collège Saint-Stanislas à Nantes, enfin, la cellule a recueilli pas moins de 80 témoignages d’agressions à partir de témoignages de 52 victimes (aujourd’hui âgées de plus de 60 ans), 17 proches et 11 témoins.
À différentes époques, trois élèves ont alerté l’établissement sur des agressions sexuelles. Ces alertes n’ont pas été suivies d’effets , constate le diocèse. Toutes les violences ont été commises par des hommes, pour la plupart des prêtres. Des faits d’attouchements dans la chambre d’un prêtre, sous prétexte de confession, de cours particuliers ou de séances de massages ont notamment été décrits. Plusieurs viols ont également été rapportés ainsi que des agressions physiques.
Seize agresseurs ont été identifiés. Douze ne l’ont pas été (notamment lorsque les témoins ne connaissent pas leur nom). Un prêtre a été dénoncé 18 fois, un autre 16 fois. Deux prêtres ont été dénoncés 10 ou 11 fois. Deux autres l’ont été 4 ou 5 fois. Trois prêtres et deux laïcs ont été dénoncés deux fois et quatre prêtres et un laïc une fois. La plupart des faits sont situés entre 1950 et 2000.
- Les huit établissements primaires cités et les agresseurs désignés
1. École Saint-Gohard (Saint-Nazaire) : un agresseur laïc
2. École Saint-Joseph Notre-Dame (Saint-Nazaire) : un agresseur religieux et un agresseur laïc
3. École Saint-Louis de Gonzague (Joué-sur-Erdre) : un agresseur prêtre
4. École Saint-Louis de Montfort (Thouaré-sur-Loire) : un agresseur religieux
5. École Notre-Dame (Sainte-Pazanne) : un agresseur laïc
6. École Notre-Dame-de-la-Sagesse : (Nantes) : un agresseur laïc
7. École Saint-Félix (Nantes) un agresseur laïc
8. École Sainte-Catherine-de-Sienne (Nantes) : un agresseur laïc
- Les treize autres établissements secondaires et les agresseurs désignés
1. Notre-Dame-du Bon Accueil (Gorges) : cinq agresseurs laïcs
2. Collège Saint-Jean-Bapstiste (Guérande) : deux agresseurs religieux et un agresseur indéterminé
3. Collège Saint-Louis (Saint-Nazaire) : deux agresseurs prêtres et un agresseur laïc
4. Collège Lycée Externat des Enfants nantais (Nantes) : deux agresseurs prêtres, un agresseur laïc et deux agresseurs indéterminés
5. Lycée La Joliverie (Saint-Sébastien-sur-Loire) : un agresseur indéterminé
6. Collège lycée Notre-Dame-de-L’abbaye (Chantenay) : un agresseur religieux désigné trois fois, deux agresseurs religieux désignés une fois
7. École normale Ozanam (Nantes) : un agresseur prêtre désigné trois fois, un agresseur prêtre désigné deux fois
8. Petits séminaires (Guérande et les Couëts) : un agresseur prêtre désigné deux fois, un agresseur prêtre désigné une fois
9. Collège Saint-Jacques de Compostelle (Nantes) : un agresseur religieux désigné deux fois
10. Collège Saint-Joseph (Châteaubriant) : un agresseur laïc désigné deux fois
11. Collège lycée Saint-Jospeh-du-Loquidy (Nantes) : deux agresseurs laïcs désignés une fois
12. Collège Théophane Venard (Nantes) : un agresseur religieux désigné deux fois
13. Collège Saint-Félix (Nantes) : un agresseur religieux désigné une fois
Le diocèse précise qu’aucun nom de mis en cause n’est indiqué. Celui des victimes ne l’est pas davantage.
Anne-Hélène Dorison (avec Émilie Plantard)

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