À Pau, une association anti-IVG sollicitée pour l'éducation sexuelle dans un collège privé

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L’association Cycloshow-XY, connue pour ses positions contre la contraception et anti-IVG, non agréé par l'Éducation nationale doit intervenir auprès des élèves de 5ᵉ dans le cadre de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).

Les nouveaux programmes d’Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) sont entrés en vigueur à la rentrée pour les élèves de collège et lycée : trois séances obligatoires par an à chaque niveau de classe, dans les établissements publics et privés. L'objectif de ces séances, selon le ministère de l'Éducation nationale est de "promouvoir des relations respectueuses et l'égalité de considération et de dignité entre les femmes et les hommes" mais aussi contribuer "à la prévention du harcèlement, à la lutte contre les discriminations et toutes les formes de violence, dont les violences sexistes et sexuelles".

Mais dans le privé sous contrat, des syndicats d'enseignants alertent sur une application de ces programmes qui n'est pas toujours conforme, certains établissements font intervenir des associations non agréées, comme cela sera la cas en décembre à l'Institut Saint-Dominique à Pau.

Une association opposée à l'IVG

L’intervention de l’association Cycloshow-XY, connue pour ses positions anti-IVG et sa vision confessionnelle de la sexualité, doit intervenir le jeudi 4 et vendredi 5 décembre au collège privé sous contrat Saint-Dominique, à Pau. L’atelier, prévu pour des classes de 5ᵉ, est censé s’inscrire dans le cadre de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars), un enseignement obligatoire et qui doit respecter le programme de l'Education nationale. Cette association est déjà intervenue il y a un an, en décembre 2024, au collège Saint-Dominique.

La situation est "clairement non conforme" pour Alexis Guitton, secrétaire national de la FEP-CFDT. "C’est une association non agréée qui intervient sur un temps scolaire et en contradiction avec les programmes Evars et en tenant un discours qui contrevient aux valeurs de la République. C'est une association confessionnelle qui intervient sur du temps de cours, donc sur le service public d'éducation. C'est pas conforme", dénonce-t-il, rappelant que le droit à l’IVG est désormais inscrit dans la Constitution.

Le premier syndicat du privé, la fédération formation et enseignement privé de la CFDT, confirme que depuis la rentrée des enseignants déplorent dans leur établissement privés sous contrat l'intervention dans le cadre de l'Evars de ce genre d'association, "Clycloshow ou encore Cler", fondée en réaction à la création du planning familial et est clairement opposée à l'IVG. Les deux associations ne sont pas agréé par l’Éducation nationale.

Même constat pour Franck Pécot, secrétaire général du Syndicat des personnels des établissements d'enseignement privés sous contrat (Snep-UNSA) qui rappelle que les interventions officielles doivent être assurées par des enseignants :"ce n’est pas la place d’une association confessionnelle. Dans le service public d’éducation, c’est le message de la République qui doit être transmis, pas celui de l’Église."

Que dit le rectorat de Bordeaux et le ministère?

Le ministère de l'Éducation nationale a t-il changé de position sans en informer les enseignants ? On peut se poser la question. Eduscol, le site officiel d’accompagnement pédagogique du ministère de l’Éducation nationale, précise clairement que les associations qui  interviennent dans le cadre de l'Evars doivent être "dûment reconnues et agréées". Il est également précisé : "les intervenants extérieurs respectent la nature proprement scolaire de cette éducation, sans jamais l’instrumentaliser, en s’abstenant de tout militantisme ou prosélytisme."

Contacté par ICI Béarn Bigorre, le rectorat précise que "le ministère recommande que ces intervenants soient agréés soit au niveau national soit au niveau académique sans que cet agrément ne constitue une obligation pour les établissements d’enseignement privés."

Les syndicats enseignants n'ont pas été informés de ce changement et cela constituerait selon eux "une entorse majeure au contrat d'association à l'enseignement public passé avec l'État par les établissements d'enseignement privés."

 

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