Bonnet d'âne pour le chef du bahut privé
Publié le
Par Emmanuel Savoye Article Canard Enchaîné
A peine nommé, le nouveau
directeur du groupe scolaire privé Mont-Roland, à Dole, s'en est pris à
Gaëtan Callac, professeur d'histoire-géo et autiste Asperger. Objectif :
trouver un moyen de le licencier.
Gaëtan Callac travaille, depuis 2020, au sein du groupe scolaire privé
Mont-Roland, à Dole (Jura). Il a d’abord été adjoint de direction, puis
prof d’histoire-géographie. Diagnostiqué autiste Asperger, il est
apprécié de ses élèves et de ses collègues. A la rentrée 2024, les
choses se gâtent avec l’arrivée d’un nouveau chef d’établissement,
Loïc B. Dès le 13 septembre, ce dernier convoque Gaëtan pour un
entretien préalable en vue d’un licenciement : il aurait reçu de
nombreuses plaintes concernant des « propos déplacés » tenus
par le professeur… avant même sa prise de fonctions. Mais encore ?
Loïc B. est incapable de fournir la moindre précision. Victime d’un choc
autistique, Gaëtan est mis en arrêt maladie. En mars dernier, il porte
plainte pour harcèlement contre son supérieur. Il dénonce notamment « des propos calomnieux » tenus par Loïc B. et « envoyés aux 330 personnes travaillant dans l’établissement ». La plainte s’est récemment doublée d’une saisine du procureur pour diffamation.
C'est Anne*, une cadre administrative, qui lui révèle la clé de l'histoire en juin 2025. Elle avoue s'être plainte auprès de Loïc B. de phrases prononcées par Gaëtan : "Tu as une voix désagréable"; "Ton parfum sent trop fort" ; etc. Des propos certes maladroits et désobligeants, comme peuvent en formuler les autistes de haut niveau, mais qui ne méritent certainement pas un licenciement. Gaëtan rapporte qu'après des excuses mutuelles Anne vide son sac et lui raconte les pressions subies de la part du directeur, qui lui a maintes fois demandé de témoigner contre lui : "J'ai besoin de billes pour le virer".
Ce cas ne semble pas isolé : au printemps, une alerte a été lancée, relative à la montée des risques psychosociaux au sein du groupe scolaire. Une inspection académique a été menée mi-octobre, mais la direction diocésaine locale botte en bouche, affirmant que le contrôle "s'est bien déroulé".
Loïc B. n'a pas répondu aux sollicitations du "Canard". Son profil a pourtant de quoi interroger : avant d'atterrir à Dole, il avait provoqué une fronde contre lui dans un collège catho vendéen, où il avait été jugé trop autoritaire et.... conservateur ("Ouest France", 17/11/23). Un exploit !
Emmanuel Savoye

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