Priez pour moi, je pense pour vous !

En cette rentrée, Guillaume Prévost nous a annoncé la couleur, profitant du vide gouvernemental actuel, de son postulat pour l'enseignement privé sous contrat catho : clairement, en tant qu'étudiant énarque rémunéré par l'État, abuser des fonds publics devait déjà être sa pratique, en séchant les cours de droit administratif.

Prions donc à chaque début de cours, puisque la direction des écoles l'exigera, et que forcément, la subsidiarité inhérente dicte la carrière des profs, de l'emploi du temps à peu près correct, aux bilans de carrière où ils cochent près de la moitié des items. 

On aurait pu s'attendre à une réaction minimale du ministère de l'Éduc nat. Mais là aussi, le boulot en intérim de Mme Borne s'avère peu raccord avec la paye pas moins diminuée lors de cette looongue transition.

Alors qu'en est-il au juste ? Un abandon des valeurs républicaines les plus basiques ? 
Oui. Une certitude désormais : après deux ans de tourments pour l'enseignement catholique, on y a bien gagné des contrôles, mais voilà... quasi impossible d'accéder aux rapports, eux remis aux CDE et tutelles. Pour les pions, pardon, profs, agents publics, tintin. Et puis rien de plus.

Virage facho catho, financé par l'État

On le dénonçait déjà, au-delà des conclusions de la Cour des Comptes, en juin 2023 : l'argent public finance toutes les orgas "EC" par "cotisations" sur fonds publics. On vous explique : les sous du contrat, c'est par élève, suivant que ce soit en primaire, par les mairies, puis au collège, par les départements, puis par les régions pour les lycéens. On parle là de budgets de fonctionnement, par établissement, histoire de financer l'administration, la vie sco, le ménage, la facture énergétique et autres dépenses pédas. Mais voilà, sur ces fonds, ça cotise de 10% (aca de Grenoble) à 20% (suivant tutelles dans d'autres régions) à toutes les "EC" : DDEC, SGEC, UDOGEC, UROGEC, FNOGEC. Notre Guillaume grand chef demandant à prier, il se rémunère sur fonds publics. L'estimation de cette fuite de sous dont on a bien plus besoin dans les murs des écoles que dans ces "assos" extérieures, c'est de l'ordre de 200 à 300 millions d'€ par an. 
Crème, ça passe crème. Le beurre, l'argent du beurre, la crémière...

"Pas se faire taper sur les doigts par le SGEC"

Le 8 septembre 2025, le jour du vote de confiance, nous avons été reçus par des membres du cabinet de M. Bayrou à Matignon.
En résumé : même si on ne s'attendait à rien, nous avons tout de même été déçus.

Tout d'abord, pour appuyer notre revendication première, une liste de directeurs dysfonctionnels a été présentée, en exemple des dérives de leur statut obtenu de leur seule nomination par évêque. Mais la revendication du concours de direction dédié aux directions des établissements du sous contrat a été repoussée pour des raisons budgétaires, ce que nous refusons d'entendre :
- leur salaire est déjà puisé dans le budget de fonctionnement accordé par le contrat avec l'État
- ce salaire pourrait être contrôlé et limité par une échelle salariale, comme l'est déjà celle des enseignants
- le coût côté retraite resterait moindre que pour des PERDIR du public, puisque de droit privé majoritairement, comme pour les enseignants cafépiens. 
Et même : laisser la médiocrité courir n'a pas eu l'air de déranger.

Ce qui a néanmoins été revendiqué par Matignon, est l'ensemble des règles mises en place ces derniers mois, avec l'impression d'un "tout est réglé maintenant", trop facile. La mise en place de contrôles des activités pédagogiques, comme de l'utilisation des fonds publics, dans les établissements sous contrat, est positive, bien que demeurant somme toute opaque, puisque le "guide des contrôles" (négocié entre le Ministère de l’Éducation nationale et le SGEC) n'a pas été rendu public. Un texte de loi existe néanmoins, publié le 5 juin 2025 : Lien texte contrôles - juin 2025

Dans nos interlocuteurs, il y avait la dame Educ nat de Matignon, reconduite par Lecornu, mais aussi mossieur Sécu intérieure, qui s'est agacé que l'on dénonce l'embauche de militaires à la vie scolaire. Preuve est que le totalitarisme assumé, dès le plus jeune âge, c'est en cours. 

Même Esquerre s'y met

C'est à la mode, d'être facho catho. Vous allez le voir s'inviter dans vos établissements, avec des mamans serre-tête de l'APEL. Il vous expliquera, après avoir prié, bien sûr, que faut pas tripoter ni taper les enfants. Version "Parents vigilants", le mouvement es-Zemmour : pour être un "vrai français", faudra pas oublier de prier, donner des sous, être blanc et blond de préférence, quand même. 




Faîtes prof ! que ça dit dans les pubs de rentrée partout. 

Les inscriptions aux concours 2026 sont ouverts ! Peut-être est-il fin temps pour l'EN d'ajouter que dans le cas du choix du CAFEP, faille cocher une case de clause de non-responsabilité rectorale en cas de violences par direction catho envers l'agent. Voire d'exiger un certificat de baptême, et un prélèvement sur salaire pour le denier du culte, tant qu'à faire. 


Commentaires

Anonyme a dit…
On pensait avoir touché le fond avec son prédécesseur, là c'est la crème de la crème qui a été recruté, au secours !

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