Le tribunal
administratif annule définitivement la décision de la rectrice
d'académie de Bordeaux. Elle avait prononcé en septembre dernier, en
raison d'atteintes à la laïcité, la suspension du directeur de
l'établissement privé catholique palois pour trois ans.
C'est un feuilleton judiciaire administratif
long d'une année scolaire entière qui se termine ce vendredi 20 juin
pour le directeur de l'établissement privé catholique de Pau l'Immaculée
Conception. Le tribunal administratif a rendu son jugement concernant
son directeur, Christian Espeso, menacé de suspension par le rectorat de Bordeaux.
Une sanction jugée disproportionnée
Le 9 septembre 2024,
après des signalements et une inspection académique pour des atteintes à
la laïcité et des dérives managériales au sein de l'établissement, la
rectrice de l'Académie de Bordeaux avait décidé de suspendre pour trois
ans le directeur. Décision immédiatement suspendue le
temps d'un jugement sur le fond de l'affaire. Le jugement a donc annulé
la sanction, et a donné raison à Christian Espeso, qui reste donc bien
en fonction.
Sur tous les manquements reprochés au directeur, le tribunal administratif a estimé qu'un seul était matériellement établi :
l'organisation d'une marche Pau-Lourdes sur le temps scolaire. Un
manquement fautif certes, mais qui ne suffit pas à lui seul pour
justifier une interdiction d'exercice des fonctions de directeur pendant
trois ans a indique le tribunal. La sanction était donc, aux yeux de la
justice, disproportionnée.
Des manquements pas assez établis
Les autres fautes dénoncées par le rectorat n'ont pas été retenues par le tribunal administratif. Parmi elles, le non respect du principe de laïcité
avec une confusion entre cours de catéchisme et enseignement religieux,
mais aussi l'absence de distribution de manuels scolaires prévus par la
réforme des collège, le retrait du CDI de plusieurs ouvrages contenant
des passages sexuels jugés inadaptés par le directeur pour les plus
jeunes élèves, et la critique qu'il a émise envers les programmes en
s'opposant à l'étude de plusieurs oeuvres.
Autant de manquements soulignés par les conclusions du rapport d'inspection,
auxquels s'ajoutent le comportement inapproprié du directeur, la tenue
de propos violents envers certains membres du personnel, et un
management brutal et malveillant. Mais le tribunal administratif a jugé
que tous ces faits n'étaient pas suffisamment établis pour être pris en
compte.
Au-delà de l'annulation de la décision de la rectrice, le
tribunal administratif a dans son jugement condamné l'Etat à verser au
directeur de "l'Immac" une somme de 2 000 euros, au titre des frais de la procédure judiciaire.
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