L’enseignement catholique et sa gestion dans l’ombre des dégâts par des chefs d’établissement nocifs.

... Déplacer/ promouvoir plutôt que faire cesser les maltraitances

La palme d’or va à ce chef d’établissement aux 5 établissements (au moins)

Témoignage d’un enseignant victime et témoin :

Enseignant ayant subi, ainsi que mes collègues, des violences psychologiques au sein de mon établissement, je voudrais expliquer ce que j'ai vécu.

Mon établissement était en perte de vitesse. Suite au départ de notre ancien directeur, nous avons vu arriver un jeune directeur, qui, au premier abord débordait de projets et d’énergie et a rapidement tissé sa toile en sachant s’entourer de quelques personnes autant au niveau de l'établissement qu'au niveau des élus locaux et des banques. Toile tissée en compensation de "services". Pour les professeurs faisant partie de sa cour, des avantages en tout genre, emplois du temps aux petits oignons, matériel de sa classe changé, cadeaux …Pour les autres, inspections et pénalisation sur leur avancement. Pour les heureux élus, mise à disposition de l'établissement et de son grand parc qui se situe en centre-ville.  

Rapidement il fait le choix de changer radicalement le fonctionnement de l’établissement. Il fallait inscrire, inscrire et encore inscrire avec des méthodes cavalières, spot radio, pub cinéma et un recrutement très important d'élèves espagnols. Les classes se sont retrouvées très chargées avec beaucoup d’élèves venant d’Espagne... Beaucoup de professeurs se sont épuisés, non préparés à ce fonctionnement qui les obligeait à adapter leur cours avec des classes dans lesquelles une partie des élèves ne parlaient que très peu français.

La priorité étant, par cette méthode, de remplir l’internat, de faire rentrer beaucoup d’argent et d'éviter une perte des effectifs. Tout cela, au détriment du bien-être général.

Un des changements notables a été aussi la mise en place d’un comité de direction avec des enseignants choisis sur le volet, enseignants qui bénéficiaient également d’avantages. Au fil des années, l’ambiance étant devenue insupportable, avec des clans pro directeur et les autres sanctionnés, inspectés, ralentis dans leur carrière, voir même poussés à la mutation ou au burn-out ! Suite à des plaintes, des arrêts maladies à la pelle, la tutelle a été alertée, un signalement a été effectué au rectorat et à l’inspection du travail. Les syndicats se sont également mobilisés. Suite à ces nombreuses alertes, une visite de tutelle a été organisée mais les professeurs entendus ont été triés avec soin et malheureusement, comme toujours, le compte rendu de cet audit n'a pas été rendu public, pas même auprès de l'équipe pédagogique. À la fin de l’année, le directeur signera une rupture conventionnelle et partira dans la précipitation, personne ne connaitra les conditions de son départ, ni le montant de sa rupture conventionnelle. Le directeur de l’OGEC est également parti sans que l’on sache s’il s’agissait d’un départ volontaire ou si c'est parce qu’il avait donné le chéquier au chef d’établissement, qui avait carte blanche !

A la rentrée, nous verrons arriver une directrice qui devait pourtant partir à la retraite. La maladie professionnelle a été reconnue pour la secrétaire de direction (elle avait déposé une plainte à laquelle elle n’a jamais eu de réponse, certainement classée sans suite). La directrice adjointe, qui elle aussi avait déposé une plainte (qu'elle a peut-être retirée moyennant arrangement) servira de fusible : elle signera elle aussi une rupture conventionnelle et on lui trouvera un poste dans un autre établissement. 

Curieux, je suis le parcours de ce chef d’établissement maltraitant, aux nombreuses victimes. Je cherche à savoir ce qu’il est devenu : je me suis renseigné auprès de son établissement précédent et là aussi il apparaît qu'il avait déjà eu des soucis de communication avec son équipe et peut être même une plainte déjà déposée. Mais personne n’ose trop parler par peur de représailles.

Je vais donc m'intéresser à ce qu'est devenu ce chef d’établissement suite au passage dans mon école : il retrouvera un poste, une nouvelle tutelle, un nouvel établissement et instaure sa même méthode ! Il y restera y un an et demi puisqu’en décembre, un enseignant fera une tentative de suicide sur son lieu de travail, pris en charge par ses collègues avant l'irréparable. Là encore le directeur va disparaître du jour au lendemain. Y a-t-il encore eu une rupture conventionnelle ? En tous les cas, à la rentrée suivante, il sera promu dans un nouvel établissement

A-t-il obtenu une mutation arrangée ? une rupture conventionnelle ? Sûrement une deuxième rupture conventionnelle avec mutation sans être inquiété.

Étant extrêmement choqué de constater que peu importe la maltraitance à l’encontre des personnes, les dégâts sur de nombreuses victimes, ce directeur a voyagé à travers la France, déplacé et souvent promu. Comme les nominations sont annoncées par voie de presse, je sais qu’il est au moins passé par le collège St Joseph (Sallanches Haute Savoie), le collège Saint Jean St Sulpice la Pointe (Tarn), le collège St Bruno à Marseille, l’ensemble scolaire St Bernard à Bayonne, le collège St Joseph de Navarin et école saint Augustin à Boulogne sur Mer. Il est désormais à l’ESTIC à Saint Didier. Ce directeur en est donc au moins à son 5eétablissement, en changeant de région constamment.

Mes questionnements restent les suivants : 

- Pourquoi les directeurs qui dysfonctionnent et maltraitent sont-ils protégés malgré des alertes accablantes et surtout des victimes qui paient le prix fort ?

- Comment l’enseignement catholique peut-il faire le choix de déplacer ces chefs d’établissement en les promouvant ? Permettre la continuité de ces agissements violents plutôt que de les faire cesser ?

- Est-ce que la santé physique et mentale des personnels des établissements catholiques n’inquiète personne ? 

- A combien de ruptures conventionnelles et mutations arrangées les directeurs ont-ils droit ?  

Qu’en pensent les rectorats, qui souvent sont informés et alertés de situations graves mais ne lèvent pas le petit doigt pour protéger ses enseignants ?

Quand on sait que l'état finance ces établissements privés sous contrat à hauteur de 75% mais ne les contrôle tous les 1500 ans, nous ne pouvons malheureusement pas nous étonner de ces arrangements entre amis avec l’argent public.

 

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