Affaire Bétharram : l’indignation monte au sein de l’enseignement catholique
Analyse
Dans un communiqué publié samedi 22 février sur les révélations de l’affaire Bétharram, Pierre-Vincent Guéret, président de la Fnogec, Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique, lance un appel à un sursaut de vigilance contre les atteintes aux élèves dans les établissements scolaires.
« Nous croyons à la beauté de l'oeuvre de l'enseignement catholique, pour lequel nous militons et oeuvrons bénévolement sans compter nos efforts. Et surgit "Bétharram" et son lot de révélations à vomir. Colère et honte se mêlent ! » Dans un communiqué publié samedi 22 février, le président de la Fnogec Pierre-Vincent Guéret exprime son indignation et lance un appel à un sursaut de vigilance.
La Fnogec est la fédération des organismes de gestion des établissements catholiques - à ce titre employeurs des salariés - placés en général sous la responsabilité de laïcs bénévoles. Un acteur qui joue un rôle central dans l'écosystème de l'enseignement catholique mais sa mission avant tout technique le cantonne à une discrétion publique.
140 dénonciations
Le message que le président adresse à tout le réseau des Ogec prend la mesure du séisme provoqué dans le monde catholique avec les révélations sur l'ampleur des violences commises depuis des décennies dans cet établissement des Pyrénées-Atlantiques.
« J'ai honte de voir des victimes quémander le statut de victime à mesure que les voiles noirs se déchirent au rythme de chacun, et que seule la prescription sera offerte à beaucoup. Honte que des adultes responsables d'un établissement aient pu développer leurs penchants criminels si longtemps » écrit Pierre-Vincent Guéret.
Le collectif des victimes recense plus de 140 dénonciations pour des violences sur un demi-siècle, dont près de 70 d'ordre sexuel, des faits très souvent prescrits. Pour l'heure seul un ex-surveillant général de lécole a été mis en examen pour viol et placé en détention provisoire, vendredi 21 février. La prescription a en revanche bénéficié à deux autres hommes qui avaient été placés en garde à vue. Par ailleurs, un diacre du diocèse de Tarbes et Lourdes s'est vu retirer son ministère à titre conservatoire par l'évêque, Mgr Jean-Marc Micas. Ancien surveillant, il a reconnu avoir été l'auteur de violences sur des élèves.
Enquête interne
Pierre-Vincent Guéret appelle tous les responsables du réseau à réagir. « Nous devons prendre notre part de responsabilités » lance le président de la Fnogec qui liste les moyens à mettre en oeuvre : le contrôle des casiers judiciaires des salariés et bénévoles ; la mise à pied conservatoire qui s'impose en cas de doutes ; la dénonciation à la justice des faits litigieux ; mais encore la « méfiance naturelle » et « le partage des signaux faibles ».
« J'appelle donc chaque administrateur (...) à s'emparer de ce sujet dans l'exercice actuel de sa mission. Vérifions nos procédures » demande-t-il. Sur le cas de Bétharram, la Fnogec a elle-même démarré un « travail d'enquête » précise le communiqué. « S'agit-il d'actes individuels ? Y a-t-il eu des dysfonctionnements ? On doit vérifier ce que l'on a pu rater dans cette affaire » explique à La Croix Pierre-Vincent Guéret, qui préside depuis un an et demi la fédération.

Commentaires
« J'appelle donc chaque administrateur (...) à s'emparer de ce sujet dans l'exercice actuel de sa mission"
Oh on croirait presque que des mesures sont prises quand des dérives ou abus sont mis en liere! Presque! Dans la réalité, une imerta forte, des personnes qui se protègent les uns les autres et la misère faire à celui qui dénonce!
Arrêtons ces discours qui sonnent tellement faux!