Éducation à la sexualité : « L’enseignement catholique aurait-il renoncé à défendre son caractère propre ? »
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Tribune - Anne CoffinierNormalienne
et énarque, administratrice de la Fondation Kairos pour l’innovation
éducative (Institut de France) et présidente de l’association Créer son
école
Défenseuse de la liberté scolaire depuis vingt ans, Anne
Coffinier revient sur les débats autour du « caractère propre » de
l’enseignement catholique. Pour elle, le projet d’un programme
d’éducation à la vie relationnelle et sexuelle (EVARS) risque de porter
atteinte au caractère propre de chaque établissement scolaire.
Anne Coffinier,
La marge d’appréciation des écoles
Et quand bien même on
accepterait le principe de programmes scolaires imposés en matière de
vie sexuelle, se poserait encore la question de la défense des libertés
propres aux écoles dites libres et sous contrat. Sur CNews le 30
novembre, Philippe Delorme a soutenu que, dès lors qu’un programme
scolaire était adopté par l’État, les écoles catholiques, si elles voulaient garder le contrat, n’avaient d’autre choix que de l’appliquer. Mais est-ce si sûr ?
Chaque établissement privé sous contrat, qu’il soit confessionnel ou
nom, a la possibilité légale de dispenser le programme « conformément à
son caractère propre ». Notons bien qu’on parle du caractère propre de
chaque établissement et non de celui de l’Enseignement catholique es qualité.
Ce caractère propre n’est défini ni par la loi ni par le droit canon,
mais le législateur a précisé dans les débats parlementaires qu’il ne se
limite pas à la dimension spirituelle.
Le caractère propre renvoie à l’approche éducative unique de chaque établissement, que les Britanniques baptisent l’ « ethos ».
Le rapporteur de la loi comme le premier ministre Debré ont bien
expliqué que ce caractère propre concernait l’enseignement lui-même et
pas uniquement les dimensions éducatives, spirituelles ou
organisationnelles. La loi a donc donné aux écoles libres sous contrat
une marge d’appréciation lui permettant de dispenser librement les
enseignements, en respectant les « attendus » du programme, c’est-à-dire
les objectifs qu’il fixe.
Liberté d’enseignement
La chose
est ardue pour les programmes sociétaux, manifestement dépourvus de
fondements épistémologiques irréfragables, à l’opposé de ceux des
disciplines traditionnelles. Ces programmes ne risquent-ils pas de
porter atteinte à la liberté de conscience des enseignants comme des
élèves et de leur famille, liberté qui est au fondement de la liberté
d’enseignement ? Ne vont-ils pas alimenter des guerres scolaires dont
notre pauvre école en crise se passerait bien ? L’État ne devrait-il pas
s’abstenir de donner un caractère obligatoire à des programmes
dépourvus de scientificité ?
Dans sa conférence publiée le 17 octobre 2014 sur le Blog de Mediapart
intitulé « Liberté de conscience et caractère propre », Eddy Khaldi,
ennemi patenté de l’école libre, reconnaît lui-même autant qu’il la
déplore la consécration par la loi d’un caractère propre des
établissements privés sous contrat qui concerne l’enseignement lui-même,
à savoir les méthodes comme les contenus. « Que cesse donc la
fiction d’un caractère propre cantonné au seul établissement, alors que
de multiples déclarations des autorités religieuses refusent, et on les
comprend, de distinguer ce qui serait enseignement de ce qui serait
éducation. »
Si Eddy Khaldi lui-même est sans hésitation sur les libertés des écoles
privées sous contrat en matière d’enseignement des programmes, alors
pourquoi faudrait-il que l’Enseignement catholique affirme en 2025 qu’il
en est dépourvu ? L’Enseignement catholique aurait-il renoncé à
défendre son caractère propre, en matière de contenu des enseignements ?
La question mérite sérieusement d’être posée.
Par Paul Sugy 7 décembre 2025 à 19:00 Article Le Figaro ENQUÊTE - Le recrutement d’un futur directeur à la tête du prestigieux établissement parisien vire au cauchemar : alors qu’un candidat externe, Nicolas L’Hotellier, a été choisi, la direction actuelle s’oppose à sa nomination et les parents d’élèves se déchirent en deux camps. Depuis quelques jours un vent de crise secoue discrètement les vieux murs de l’École Alsacienne , prestigieux établissement d’enseignement privé du 6e arrondissement de la capitale connu pour sa réputation d'école des élites ( Gabriel Attal , entre autres personnalités, en fut l’élève). Son respecté directeur, Pierre de Panafieu, s’apprête à quitter ses fonctions après vingt-quatre ans à la tête de «l’Alsa» : pour le remplacer, le conseil d’administration de l’école avait lancé un appel public à candidatures, et s’est fait assister pour sa sélection d’un prestataire ...
Nous la connaissons tous cette histoire au sein du collectif. Elle résonne avec ce que vivent les personnels de nombreux établissements privés sous contrat de cette académie, comme auprès de tant d’autres à travers la France. Des enseignants qui alertent, qui demandent de l’aide, qui font confiance aux institutions censées les protéger, et qui se retrouvent seuls, épuisés et la carrière détruite. Au collège du Sacré Cœur, un chef d'établissement dont le comportement est dénoncé par de nombreux personnels. A Versailles, le service du privé du rectorat (DEEP) qui reçoit les alertes et ne prend pas les mesures permettant de protéger les personnels. Des échanges qui devraient rester strictement confidentiels et qui se retrouvent transmis aux chefs d'établissement pour lesquels ces alertes ont été formulées, mettant en danger des personnels déjà fragilisés qui appelaient au secours ou alertaient. Et quand vient le moment de trancher, parole contre parole, sans preuve établ...
A Madame Laubignat, présidente de l'APEL seule association de parents d'élèves autorisée par l'enseignement catholique: Vous déclarez dans l'article du Figaro du 3 juillet que: " Nous ne sommes pas non plus une organisation à la botte de l'enseignement catholique. Je revendique plus que jamais notre indépendance et le fait que l'on représente toutes les familles." Jetez un coup d’œil à notre billet publié le 9 juin et dites nous si vos paroles sonnent vrai? Devons-nous vous rappeler que notre collectif a été créé par des parents de l'Institution Jeanne d'Arc de Montrouge , usés d'alerter à tous les niveaux et d'être méprisés y compris par l'APEL de l'établissement? Comment expliquez-vous que, dans tous les dossiers que nous suivons de près, pour lesquels nous avons été alertés par des parents inquiets (parce que témoins de personnels en détresse) et victimes eux-mêmes de représailles , aient été systématiquement l...
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