La générosité perdure pour l’Église catholique
Analyse
En modernisant ses dispositifs de collecte, le culte catholique a réussi à faire progresser nettement le don moyen, indiquent les chiffres du troisième Panorama des générosités publiés vendredi 13 décembre. De quoi compenser la chute du nombre de contributeurs.
La générosité est toujours au rendez-vous. D’après les chiffres du troisième Panorama des générosités, entre 2011 et 2022, l’Église catholique a enregistré une hausse de plus de 23 % des sommes collectées par ses différents canaux (denier, quêtes et casuels, offrandes, legs et donations), avec un total de 740 millions d’euros reçus en 2022.
Première des sources de financement (plus de 40 % du total), le denier de l’Église a progressé de 25 % entre 2011 et 2022, avec un don moyen qui a doublé de 181 € à 370 €. En onze ans, les sommes versées au cours de la quête ou dans le cadre d’un casuel (pour un baptême, mariage ou enterrement) ont, elles, augmenté de 9,7 %, les legs et donations se sont envolés (+ 70 %). Seules les offrandes de messe ont reculé (– 3,9 %).
Pourtant, le nombre de contributeurs au culte catholique semble avoir dévissé au cours de la décennie. S’il est impossible de chiffrer cette évolution pour les quêtes, elle est connue pour le denier. En onze ans, le nombre de foyers donateurs sous cette forme a ainsi chuté de 39 %, passant de 1,33 million de ménages à 814 000.
Le déclin du nombre de contributeurs « s’explique d’abord par le vieillissement des donateurs historiques », pose Sylvain Guillebaud, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France (CEF), chargé du pôle ressources et moyens. « On a de plus en plus de jeunes dans les parcours de catéchuménat ou de confirmation, mais la culture du denier n’est pas ancrée chez eux. Notre travail est de leur expliquer que l’Église ne vit que de dons, qu’elle ne reçoit pas de subventions du Vatican. »
Moins nombreux, les donateurs au culte catholique se montrent plus généreux. Sylvain Guillebaud y voit « les effets de la digitalisation du don », vecteur de simplicité et de rapidité. « Le panier connecté est apparu à Paris en 2018 et toutes les paroisses parisiennes sont équipées depuis fin 2023. Avec un terminal de paiement sans contact, le fidèle donne ce qu’il veut, illustre Sylvie Bretones, directrice du développement des ressources au diocèse de Paris. Cela a augmenté de manière significative le don moyen à la quête. »
Ce système de quête digitale s’est déployé dans nombre d’églises françaises, tout comme l’installation de bornes connectées permettant de donner au denier, d’acheter un cierge ou de faire une offrande. Le denier est ainsi de plus en plus souvent transmis par carte bancaire ou par prélèvement automatique. « Cela convient aux générations plus jeunes qui cherchent à étaler le don dans le temps ou parce qu’elles préfèrent être prélevées tous les mois, comme un abonnement », détaille le secrétaire général adjoint de la CEF.
Rajeunir la moyenne d’âge des donateurs est d’ailleurs un enjeu majeur pour le culte catholique, comme pour tous les organismes du secteur de la générosité. Pour y parvenir, l’Église doit user de pédagogie et oser évoquer les aspects matériels et financiers de sa mission. « Il est important que les fidèles comprennent pourquoi on appelle aux dons, alors on essaie de toujours mieux expliquer. Mais ce n’est pas toujours évident pour les prêtres de parler d’argent,confie la responsable des ressources du diocèse de Paris, même si les choses bougent. »

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