Au Coteau, des familles dénoncent leur « exclusion injuste d'une école privée »
Trois familles ont été exclues de l’école catholique Saint-Marc au Coteau, au motif que « les valeurs de l’école n’étaient pas respectées ». Deux des trois familles contestent une exclusion, qu’ils estiment injustifiée, et veulent déposer un recours.
« On n’a rien contre les élèves », assurent la direction de l’école Saint-Marc et l’OGEC (Organisme de gestion de l’enseignement catholique) de l’école Saint-Marc au Coteau. Mais en excluant trois familles à la rentrée des vacances de la Toussaint, la direction de l’école, avec l’appui de l’OGEC et de la Direction de l’enseignement catholique (DEC), l’établissement a exclu six enfants âgés de 4 à 9 ans, soit 5 % de l’effectif de cette école qui comptait 201 élèves à la rentrée de septembre.
« La séparation devait se faire »
« Il ne s’agit pas d’exclusion d’élèves mais de non-coopération constante de trois familles sur des questions pédagogiques et éducatives voire de contestation de toutes décisions prises par l’établissement. Ce qui a entraîné une rupture du contrat de scolarisation », explique la DEC (Direction de l’enseignement) du diocèse de Lyon dans un communiqué. « La séparation devait se faire, et pour eux, et pour l’établissement. Ce n’est pas quelque chose qu’on fait de gaieté de cœur », indique un représentant de l’OGEC au côté de la direction de cette école. « Il y avait la contestation de certains enseignants, d’une certaine façon de faire, d’une pédagogie, de plein de choses tout le temps remises en cause et une impossibilité de communication ».
Une mère est présidente de l’APEL, une autre trésorière
La décision a été prise et annoncée courant octobre aux trois familles concernées, en invoquant la non-adhésion des familles concernées au projet éducatif de l’établissement. La particularité est que deux mamans étaient des représentantes de l’APEL (association des parents d’élèves). Candice Linossier, dont trois enfants étaient scolarisés à St-Marc, était présidente de l’APEL où elle s’investit depuis 5 ans. Et Marie-Laure Chassignol, mère d’une fille de 8 ans scolarisée à St-Marc, en était la trésorière et s’y investissait depuis 9 ans. Enfin, la troisième famille devait rejoindre l’APEL. Pour autant, la direction diocésaine ne fait pas de lien avec leurs fonctions au sein de l’APEL dans la décision prise.
Les parents déplorent les dommages psychologiques causés aux enfants
« Cette école sous tutelle diocésaine prône la bienveillance, l’empathie, le respect de chacun, l’égalité des chances, que les familles exclues partagent. Qu’en est-il dans la réalité des faits ? Se sont-ils questionnés sur les dommages psychologiques causés à ces enfants, en pleine construction, suite à une telle injustice ? », s’interrogent les familles Linossier et Chassignol. Elles considèrent ne pas avoir de raison valable de la rupture des contrats de scolarisation de leurs enfants. « On demande des faits, il n’y a rien de tangible », déplore Candice Linossier.
Un recours étudié contre ces exclusions
« On veut contester cette exclusion car il y a une notion de vérité qui doit être là. On a un sentiment d’injustice », ajoute son mari Pierre Linossier qui est en contact avec un avocat. Il rappelle que le contrat de scolarisation signé en début d’année mentionne que « sauf sanction disciplinaire, la présente convention ne peut être résiliée par l’établissement en cours d’année scolaire ». La direction diocésaine objecte que le règlement intérieur prévoit que « le non-respect du règlement constituerait une rupture de contrat entre l’établissement et la famille et pourrait entraîner une exclusion définitive de l’enfant ».
Le sentiment d’être sanctionnées pour avoir soutenu l’ancienne directrice
Si cela ne leur est pas dit, les familles Linossier et Chassignol estiment payer leur soutien à l’ancienne directrice qui a dû quitter l’école St-Marc en fin d’année scolaire dernière. Après huit années de présence, au cours desquelles elle a dû gérer une affaire de violences imputées à une ancienne institutrice au cours de l’année 2020-2021 , elle est partie en 2024. Dans un courrier adressé aux familles, elle a invoqué un profond désaccord pédagogique avec une enseignante de CM1, suite à un conflit apparu dans sa classe entre plusieurs élèves lors de l’année scolaire 2023-2024. La mère de deux sœurs jumelles a déposé plainte contre l’institutrice pour harcèlement moral en lui reprochant de rabaisser ses filles et de monter d’autres enfants contre elle. Cette famille a quitté l’établissement ainsi que la région et scolarisé ses enfants dans une école publique. Quant à la directrice, elle a rejoint l’école de Vougy, où elle n’assume plus de fonction de directrice. La directrice de Vougy, Sandrine Carré, a fait le chemin inverse et pris la direction de l’école St-Marc à la rentrée. « On est là pour soutenir la direction d’école et je trouvais qu’on perdait un très bon élément. On a hésité à démissionner et quitter l’école », explique Candice Linossier.
La proposition de médiation académique refusée
Elle ajoute que le président de l’OGEC la soupçonnait de « remonter les parents alors que cela faisait 3 ans que je faisais tampon pour calmer leur mécontentement, avec l’augmentation des coûts de scolarisation qui était logique avec l’inflation. Et j’ai refusé de lancer une pétition que me demandaient de faire les parents pour demander le maintien de l’ancienne directrice. » Elle a refusé de dissoudre l’APEL en septembre comme le lui réclamait le président de l’OGEC pour créer une seule association OGEC-APEL. Avant de se résoudre à démissionner avec l’ensemble de l’équipe le 8 octobre. Suite à l’exclusion, les familles Linossier et Chassignol ont saisi le directeur diocésain, à Lyon, et le secrétariat général de l’enseignement catholique, à Paris, sans réponse de leur part. Elles ont saisi la Défenseure des Droits ainsi que le médiateur académique dont la proposition de médiation a été refusée par la direction de l’école et la Direction de l’enseignement catholique.
Les demandes d’inscription dans d’autres écoles catholiques refusées
Depuis l’exclusion, la troisième famille a trouvé une place dans une autre école catholique . Ce n’est pas le cas des deux autres qui ont essuyé plusieurs refus et ont la conviction que les écoles sollicitées ont eu la consigne de ne pas les prendre. Mme Chassignol a scolarisé sa fille dans une école publique. Et le couple Linossier a déposé une demande pour faire l’école à la maison. La première demande a été refusée et un rendez-vous a été pris avec l’inspecteur de l’Éducation nationale pour trouver une solution en attendant de retrouver une autre école catholique sous contrat.

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