Pau. Directeur de l'Immaculée-Conception suspendu : « Jusqu'ici, il était resté dans une totale impunité », souligne l'Unsa
Pau. Directeur de l'Immaculée-Conception suspendu : « Jusqu'ici, il était resté dans une totale impunité », souligne l'Unsa
Par Gabriel Blaise Article Sud Ouest Publié le 14/09/2024 à 17h23
C'est peu de dire que le qualificatif de « gauchistes » affublé par Christian Espeso à ceux qui auraient poussé à sa suspension pour trois ans de la direction de l'Immaculée-Conception à Pau ne passe pas auprès de certains, comme le secrétaire académique de l'Unsa Éducation, le Béarnais Franck Hialé.
« La décision du rectorat fait suite à une procédure bien précise, après consultation d'un Conseil académique de l'Éducation nationale restreint comportant des représentants des syndicats, du personnel, des usagers (parents d'élèves) et des élus, rappelle le syndicaliste qui n'a pas participé à ladite consultation. Après 10 h 30 de débat, un vote à bulletin secret a permis de délivrer un avis à la rectrice. Il n'y a absolument aucune orientation politique, ni attaque contre l'enseignement privé ! »
« Une instance officielle »
Et de rappeler que ce n'est pas un établissement qui est visé et sanctionné, mais bien « la personne qui le dirige, pour des problèmes liés au respect de la laïcité, mais également de ressources humaines ». « Instrumentaliser cette décision en évoquant de dangereux gauchistes, mais sans dire de qui on parle est irresponsable. La décision vient d'une instance officielle, elle n'a pas été prise autour d'une table à l'heure de l'apéro ! »
Franck Hialé explique que des procédures disciplinaires comparables ont lieu « quasiment tous les mois » et aboutissent parfois à des interdictions d'exercer. « La décision aurait pu être plus sévère, il [Christian Espeso] a encore le droit d'exercer en tant que prof, et il fait appel, c'est son droit et c'est tout à fait normal. »
Droits et devoirs
Agacé aussi de voir les syndicats accusés de « raviver la guerre scolaire » entre public et privé, Franck Hialé s'indigne : « La loi Debré sur les rapports entre l'État et les établissements d'enseignement privés permet à ces derniers d'être financés à 75 à 80 % par de l'argent public ; mais comme partout, il y a des droits et des devoirs. Certains veulent les avantages sans respecter certains devoirs. L'argent public n'est pas fait pour organiser des marches jusqu'à Lourdes ou pour organiser des temps de confession. Cette sanction n'est pas tombée par hasard, il y avait déjà eu en 2020 et 2021 des avertissements [sur la gestion de Christian Espeso], et jusqu'ici il était resté dans une totale impunité. »
Intersyndicale inédite Au mois de mars 2024, dans un mouvement inédit réunissant syndicats du privé et du public, la FEP-CFDT Béarn et Pays basque, la Fnec FP FO 64, le SNFOEP 64, la FSU 64 et l'Unsa 64 avaient dénoncé devant la presse « la répétition systémique de dysfonctionnements de l'enseignement catholique sous contrat, de Paris à certains diocèses ultraconservateurs de province ».
Ciblant nommément l'Immac', ils avaient pointé « le non-respect des obligations contractuelles qui lient l'ensemble scolaire à l'État », et appelé les autorités à « exercer le contrôle nécessaire et prendre [des dispositions] afin que des conditions de travail et d'étude normales soient restaurées ».
En mars 2024, un mouvement inédit avait réuni syndicats du privé et du public, la FEP-CFDT Béarn et Pays basque, la Fnec FP FO 64, le SNFOEP 64, la FSU 64 et l'Unsa 64, pour dénoncer les manquements de certains établissements dont l'Immac'. G. B.

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