Immaculée-Conception à Pau : « Une sanction énorme et disproportionnée », selon les partisans de Christian Espeso

 

Immaculée-Conception à Pau : « Une sanction énorme et disproportionnée », selon les partisans de Christian Espeso

Par Romain Bely


Comment recevez-vous cette sanction pour le directeur de l'Immaculée-Conception ?

Je reste complètement interloquée par cette décision. Je trouve que cette sanction est énorme et disproportionnée. Après que la défense a passé dix heures à débouter chaque argument les uns après les autres, je ne comprends pas que le rectorat maintienne une sanction de ce niveau-là.

Sur le fond, ce sont bien les manquements au contrat d'association et à la laïcité qui sont visés...

Le directeur et ses avocats ont développé des arguments pour démontrer que justement, il n'y avait pas atteinte à la laïcité telle qu'on la prône dans notre République, à savoir non pas une négation de la religion, mais plus une acceptation de tous avec le chemin personnel de chacun.

Considérez-vous que cette décision revêt un caractère idéologique ?

Je ne peux pas croire qu'une sanction aussi grave n'ait pas comme visée d'atteindre l'établissement. Un ensemble scolaire qui, pourtant, a fait ses preuves dans ses résultats et dans son accompagnement des élèves. Il y a peut-être une forme de jalousie, ou en tout cas une volonté d'atteindre cette réputation. De l'Immac mais plus largement de l'enseignement catholique car d'autres établissements sont attaqués même si c'est moins médiatisé.

La communauté éducative semble très divisée entre les partisans et les opposants. Le futur chef d'établissement aura du travail pour rassembler tout le monde...

Pour l'instant, nous n'en sommes pas là. Il n'y a pas de nouveau chef d'établissement, Christian Espeso est simplement suspendu. Ensuite, je mettrais une nuance sur la division au sein de l'établissement. Je crois que nous sommes quand même très très nombreux à être heureux de travailler ici et à se retrouver dans le projet de cet établissement. Certains ont décidé de s'attaquer à cela mais je ne crois pas qu'on puisse laisser penser que c'est du moitié moitié. C'est un petit groupe.

« Le verdict était déjà tombé dès février... » Un salarié de l'Organisme de gestion de l'enseignement catholique (Ogec) de l'Immac, qui était du voyage à Bordeaux pour soutenir Christian Espeso le 29 août, témoigne, lui aussi, de sa sidération. « Je suis dépité et écœuré. Cette décision est injuste. Tout ce qui est reproché n'a jamais été matériellement prouvé. Des ''on-dit'' permettent aujourd'hui de prendre une décision très grave. L'inspection avait déjà établi son verdict avant même d'entendre les témoins. Rien n'a été retenu de ce que nous avons dit à Bordeaux. » Il souligne le « travail accompli » par son ex-directeur : « J'étais à l'Immac avant lui et je peux vous assurer que l'établissement n'avait pas l'image d'excellence qu'il a aujourd'hui. » Enfin, il invoque de nombreux soutiens, dont celui du sénateur Max Brisson. « Le traitement incompréhensible dont il fait l'objet laisse penser que Christian Espeso est sanctionné pour avoir pris ses distances avec un système éducatif qui tourne le dos depuis trop longtemps au mérite, à l'effort et au respect de l'autorité », écrit l'élu LR dans un communiqué. Max Brisson voit là « une attaque en règle contre l'ensemble de l'enseignement catholique » et estime que le rectorat a cédé à la « vision militante » de syndicats « idéologues ».

Commentaires

Anonyme a dit…
Pas habitué que l'on touche à ses privilèges l'enseignement privé, il faut espérer que cette décision se répande dans les autres rectorats !

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