Ecole privée Stanislas : un ancien responsable d’internat condamné à un an de prison avec sursis

L’homme de 61 ans était jugé pour des violences dénoncées par six anciens élèves des classes préparatoires de l’établissement catholique du centre de Paris. Il est mis en examen pour viol et agression sexuelle dans une autre affaire. 


Publié le 09 septembre 2024 à 14h28 - Article Le Monde 


« Il attendait certains camarades à la sortie de la douche »

« Humiliation »« emprise »« claques » : un ancien maître d’internat de l’école privée catholique Stanislas a été condamné par le tribunal judiciaire de Valenciennes (Nord) à un an de prison avec sursis pour des violences commises entre 2013 et 2018 contre six élèves au sein de l’établissement parisien, lundi 9 septembre. Il a aussi été condamné à une interdiction d’exercer une activité impliquant des contacts réguliers avec des mineurs pendant cinq ans. Lui affirme avoir simplement « respecté le règlement » et « l’esprit Stan ».

Le parquet avait requis une peine de six mois d’emprisonnement assortie d’un sursis probatoire de deux ans. L’homme de 61 ans était jugé pour des violences dénoncées par six anciens élèves des classes préparatoires de cet établissement du centre de Paris.

Lors de l’enquête menée par la brigade des mineurs, les six victimes avaient dénoncé des comportements similaires : « claques derrière la tête »« humiliations »« insultes ». Un ancien élève, qui a effectué toute sa scolarité dans l’établissement parisien, avait décrit un comportement « abusif » et une « emprise psychologique ». Il qualifiait le prévenu d’« omniprésent »« voyeuriste » et « imbuvable ».

« Il était lunatique, stressant, il entrait dans nos chambres, attendait certains camarades à la sortie de la douche », avait témoigné un autre élève, le qualifiant également d’« homophobe ». D’autres avaient évoqué des fouilles des chambres à plusieurs reprises.

Un élève raconte aussi que le prévenu lui a demandé de se déshabiller devant lui pour enfiler un costume de magicien et affirme qu’il traitait des élèves de « tarlouze »« Il entrait dans nos chambres, attendait certains camarades à la sortie de la douche », témoigne un autre élève. Au tribunal lundi, une victime raconte : « J’ai refusé ses avances et à partir de là, il m’a rendu la vie impossible. » D’autres ont évoqué des fouilles des chambres répétées.

A la barre, le prévenu, un homme à la carrure imposante a contesté une partie des faits. Il a répété avoir simplement « respecté le règlement » de l’établissement et a dénoncé une « cabale »« Je reconnais que des surveillants ont pu intervenir dans des chambres parce qu’elles n’étaient pas rangées », a notamment déclaré l’ancien maître d’internat, dans son costume marron. Il admet avoir pu traiter des élèves de « tarlouzes », ceux « qui ne ressemblent à rien »« mal habillés ».

« Cela vous paraît normal ? N’est-ce pas une violation flagrante de leur vie privée ? », l’interroge la présidente du tribunal. « C’était dans le règlement », rétorque le prévenu, qui était également professeur de musique. Il se défend : « Les relations étaient compliquées parce que j’avais régulièrement des remarques à leur faire sur la coupe de cheveux, la tenue, les baskets, le col… toutes les règles de Stan ».

« J’ai l’impression qu’on voudrait lui faire porter la responsabilité d’un règlement intérieur qui a été signé par l’ensemble des familles ! », a lancé son avocate, Me Delphine Audenard.

Cet ancien maître d’internat a aussi été mis en examen pour viol et agression sexuelle par personne abusant de sa fonction, pour des faits commis entre le 30 juin et le 1er juillet 2001 à Pontoise (Val-d’Oise), au sein de l’internat Saint-Martin-de-France, sur un élève alors âgé de 17 ans. Dans cette affaire, le suspect a été placé sous contrôle judiciaire. Il a aussi été condamné à une interdiction d’exercer une activité impliquant des contacts réguliers avec des mineurs pendant cinq ans.

L’établissement avait été placé sous le feu des projecteurs par l’ancienne ministre de l’éducation Amélie Oudéa-Castera, qui avait expliqué y avoir scolarisé ses trois fils en raison des « heures pas sérieusement remplacées » dans l’enseignement public.

Un rapport de l’éducation nationale, révélé peu après par Mediapart, mais antérieur à cette polémique, avait pointé l’obligation de suivre des cours de catéchisme et les « convictions personnelles » de certains catéchistes « sur l’IVG » ou « susceptibles d’être qualifiées pénalement sur l’homosexualité ».


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

«On ne sait pas ce que va devenir l’École» : une guerre de succession plonge l’École alsacienne dans la crise

43 ans au service de l'enseignement catholique. Suspendue par le rectorat de Versailles à un mois de la retraite, à la demande du directeur du Sacré Coeur

A Madame Laubignat, présidente de l'APEL seule association de parents d'élèves autorisée par l'enseignement catholique - cas Montrouge