Bretagne : un prof du public scandalisé par les signes religieux dans son centre d'examen du Bac

 Convoqué au lycée privé La Mennais de Ploërmel (Morbihan) pour le Grand Oral du Bac, un enseignant veut retirer lui-même les signes religieux accrochés aux murs.


Article Actu.frPublié le 

Le baccalauréat 2020 se tiendra dans un contexte exceptionnel de crise sanitaire par le biais d'un contrôle en continu.
Alors que les épreuves du Grand oral débutent, à Ploërmel (Morbihan), la question des signes ostentatoires religieux pose question. ©Illustration/Adobe Stock
Alors que les épreuves du Grand oral du Baccalauréat ont débuté en cette semaine du 24 juin 2024, le lycée La Mennais de Ploërmel (Morbihan), centre d’examen pour l’occasion, est au coeur d’un débat sur la laïcité.

« Je suis scandalisé »

Pierre* est enseignant dans le public depuis une dizaine d’années et jury d’examen depuis quatre ans à l’occasion des épreuves du Baccalauréat.

Ce lundi 24 juin 2024, à l’occasion de la réunion d’entente avec les autres enseignants, il avoue avoir été « scandalisé » par l’attitude de la direction du lycée ploërmelais.

« Ce n’est pas la première fois que je suis jury dans un établissement privé. Jusque-là, les autres lycées ont accepté de retirer les signes religieux ostentatoires à partir du moment où ils savaient qu’ils pouvaient accueillir des élèves du public. Quand le sujet a été évoqué, la direction a répondu qu’il était hors de question de retirer croix, ornement ou autre icône. »

Même si l’enseignant a conscience que l’établissement est dans son bon droit puisque la loi de 2004 interdisant les signes religieux ostentatoires ne s’applique qu’aux écoles publiques, il déplore un manque de considération :

On a vanté pendant des années ce principe de laïcité à nos élèves et on le bafoue le dernier jour de leur scolarité. Ça me scandalise. Même si elle a la loi de son côté, les établissements sont tout de même incités à retirer ces signes religieux. Quand La Mennais devient centre d’examen, il assure une mission de service public et se doit de garantir la laïcité

Pierre, enseignant

De son côté, l’établissement, par la voix de sa directrice Véronique Calas confirme qu’aucune règlementation ne la contraint à les retirer : « Nous avons le clocher qui donne sur la cour, une statue du fondateur de l’établissement… Nous sommes un établissement privé, il faut en avoir conscience. En effet, si un professeur n’est pas d’accord, je l’invite à prendre contact avec le Rectorat. »

Une situation qui étonne d’autant plus Véronique Calas que l’établissement accueille des élèves de plusieurs confessions sans poser de problème :

Ici, on vit les valeurs de la République. Jamais un élève ou un parent nous a fait part de son étonnement quant à la présence de croix ou autre ornement

Véronique Calas, cheffe d’établissement du lycée La Mennais

« Je cacherai tout signe religieux dans ma salle d’examen »

Contactant son syndicat pour évoquer ce débat sur la neutralité des salles d’examen, l’enseignant a déjà pris sa décision : « Si je rentre dans une salle avec un signe religieux, je le cacherai le temps de l’examen. »

* Prénom d’emprunt


Commentaires

Anonyme a dit…
si cela ne plait pas au Rectorat, qu’il organise le GO dans un lycée public…

Posts les plus consultés de ce blog

«On ne sait pas ce que va devenir l’École» : une guerre de succession plonge l’École alsacienne dans la crise

43 ans au service de l'enseignement catholique. Suspendue par le rectorat de Versailles à un mois de la retraite, à la demande du directeur du Sacré Coeur

A Madame Laubignat, présidente de l'APEL seule association de parents d'élèves autorisée par l'enseignement catholique - cas Montrouge