Victimes de violences sexuelles, le témoignage poignant de trois Finistériens
Victimes de violences sexuelles, le témoignage poignant de trois Finistériens
« Ce fut une descente aux enfers, souffle Jean-Yves Guéguen, victime aussi d'un autre prêtre. Il y a eu de la honte, de la culpabilité. J'ai mis tout ça sous le tapis pendant 25 ans ». Plus d'un demi-siècle après les faits, il remet pour la première fois les pieds dans ces lieux. « La boule au ventre », admet-il. Mais pas seul. À ses côtés, Gérard Bihan et Philippe Abguillerm se sont aussi associés à la démarche. Pour eux aussi, la parole a pu se libérer des années après avoir été victimes de ces agissements atroces. « Aujourd'hui, je me tiens debout et fier après un long, très long, silence », assure, la voix ferme, Philippe Abguillerm.
Une soixantaine de victimes déclarées dans le diocèse
En présence de leurs proches, des référents de l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) qui les ont accompagnés dans la démarche, de Monseigneur Laurent Dognin, l'évêque du diocèse de Quimper et Léon, du directeur diocésain du Finistère et du chef d'établissement Ronan Walter, ils ont livré leur témoignage. « Pour ne jamais oublier ». La plaque en granit, fixée au mur, sera désormais là pour le rappeler.
« Je vous demande pardon au nom de l'Église catholique », s'est exprimé Laurent Dognin. Dans le diocèse, une soixantaine de personnes auraient officiellement déclaré être des victimes de violences sexuelles par des membres de l'Église selon l'évêque. « On ira jusqu'au bout, avec elles, pour les accompagner », a-t-il appuyé.
« Un soulagement ». « Un aboutissement ». « Une libération ». Pour les trois hommes, ce jour marque une « reconnaissance » qu'ils attendaient. Mais pour Gérard Bihan, « le travail n'est pas fini : il faut que je continue de témoigner. Pour revenir vers ce que j'aurais dû être si tout ça n'était pas arrivé. Parce que ces faits nous ont profondément marqués », assure-t-il. Appuyé par ses camarades, désireux de porter encore haut et fort leur parole.
Gérard Bihan, Philippe Abguillerm et
Jean-Yves Guéguen ont dévoilé et installé dans l'établissement
Charles-de-Foucauld, à Brest, une plaque rappelant les faits dont ils
ont été victimes. (Photo Le Télégramme/Paul Bohec)

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