Rouen : un ancien surveillant d’un collège privé mis en examen pour viols sur mineurs

 L’homme, âgé de 49 ans aujourd’hui, est visé par deux plaintes pour « viols sur mineurs de 15 ans », l’une déposée par un ancien élève du collège où il était surveillant, l’autre par sa cousine.


Le 30 avril 2024 à 18h20 - Article Le Parisien Manon Aublanc 


Il avait déjà été condamné pour des agressions sexuelles sur un enfant de 8 ans à la fin des années 90. Un ancien surveillant d’un collège privé de Rouen (Seine-Maritime) a été mis en examen, vendredi 26 avril, pour « viols sur mineurs de moins de 15 ans », a fait savoir au Parisien le procureur de la République de Rouen, Frédéric Teillet, confirmant une information de France Bleu Normandie.

Une mise en examen qui découle des plaintes de deux personnes, dénonçant des viols commis entre 1990 et 1993. L’homme de 49 ans, également ancien animateur radio à France Bleu, a été placé sous contrôle judiciaire, a précisé le procureur.

Une précédente condamnation pour agressions sexuelles

En 2022, deux plaintes avaient été déposées contre cet homme, conduisant le parquet de Rouen à ouvrir une information judiciaire pour « viols sur mineurs de 15 ans ». Maxime, le premier plaignant âgé de 43 ans aujourd’hui, avait 12 ans quand il a croisé la route de cet homme.

À l’époque, il est collégien dans l’établissement catholique Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle à Rouen. Le surveillant, lui, a 18 ans. Selon Maxime, désormais banquier en Suisse, l’homme lui aurait imposé, lors de séances de soutien scolaire, des caresses et des masturbations et fellations réciproques.

C’est en apprenant la première condamnation de l’homme que Maxime s’est décidé à porter plainte. En 2021, l’ancien surveillant a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour agressions sexuelles sur un enfant de 8 ans le fils d’un employé de la radio France Bleu Normandie, dans laquelle il a travaillé comme animateur radio à la fin des années 90.

La même année, une seconde plainte est déposée par la propre petite-cousine de ce surveillant. Cette femme de 41 ans aujourd’hui accuse son cousin de l’avoir violée quand elle avait 6 ans, et lui 15 ans, lors de vacances chez leur grand-mère à Marseille.

Le 23 avril dernier, l’ancien surveillant a été placé en garde à vue pour des faits de « viols sur mineur de 15 ans ». Il a également été confronté à trois de ses victimes. Selon nos informations, l’homme a également été confronté à deux autres personnes, un homme qui a été gardé étant enfant par l’ancien surveillant, et un jeune homme qui l’accuse d’agression sexuelle en 2015.

Une agression sexuelle prescrite

À l’époque, ce dernier a 18 ans. Son agresseur présumé vient d’être promu directeur des programmes de France Bleu. Il lui propose un rendez-vous professionnel à Paris. Les deux premières rencontres se passent bien, mais le troisième, lui, prend une autre tournure. Prétextant devoir déposer des affaires, le salarié de France Bleu l’attire chez lui, une chambre de bonne de la capitale, et lui glisse la main dans le slip, selon le récit du jeune homme.

Malgré la prescription des faits sont prescrits, le jeune homme « souhaitait être entendu pour que la justice ait connaissance des faits qu’il a subi », explique Me Laura Kalfon, avocate pénaliste au barreau de Rouen, qui défend le jeune homme. « Il espère que son témoignage permettra à d’autres victimes potentielles de parler », a-t-elle ajouté auprès du Parisien.

À l’issue de sa garde à vue, vendredi 26 avril, l’ancien surveillant et animateur de France a été mis en examen pour « viols sur mineurs de 15 ans ». Il a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’exercer une profession en lien avec des mineurs.

Une bonne nouvelle pour Maxime, plus de trente ans après les faits qu’il dénonce : « C’est une avancée pour mon client qui a déposé plainte il y a déjà plusieurs années. J’espère que les investigations permettront d’établir les faits qu’a subi mon client », a déclaré Me Laura Kalfon, également avocate de Maxime.

Selon le procureur, d’autres plaintes pour « agressions sexuelles » ont été déposées contre le mis en cause. « Des vérifications sont en cours sur leur possible prescription compte tenu de l’ancienneté des faits », a ajouté Frédéric Teillet.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

«On ne sait pas ce que va devenir l’École» : une guerre de succession plonge l’École alsacienne dans la crise

43 ans au service de l'enseignement catholique. Suspendue par le rectorat de Versailles à un mois de la retraite, à la demande du directeur du Sacré Coeur

Une affaire d'agression sexuelle ébranle le prestigieux lycée des Chartreux, à Lyon