Enseignante tuée à Saint-Jean-de-Luz : « Je me sens ignoré », un an après, son mari regrette le silence du tueur présumé

 Un an jour pour jour après les faits, un hommage a été rendu ce jeudi à cette professeure d’espagnol tuée par l’un de ses élèves en pleine classe. Une plaque commémorative a été dévoilée dans un jardin de la ville de Saint-Jean-de-Luz.


Publié l22 février 2024 à 10h40 - Article Le Parisien



Le meurtrier présumé de l’enseignante âgée de 52 ans a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire. Depuis, l’enquête se poursuit pour tenter de déterminer les motivations du lycéen qui l’ont poussé à commettre le geste fatal au sein d’un établissement catholique privé sous contrat.

« On ne sait pas trop ce qui se passe dans la tête de certains jeunes et les enseignants sont en première ligne. Ils sont confrontés à des actes de violences que l’on a tous du mal à comprendre », a déclaré jeudi à l’issue de la cérémonie le maire de Saint-Jean-de-Luz, Jean-François Irigoyen (LR).

« J’aurais aimé entendre un peu de compassion »

Stéphane Voirin, le compagnon d’Agnès Lassalle qui avait bouleversé la France entière en réalisant quelques pas de danse devant le cercueil lors des obsèques à Biarritz le 3 mars 2023, s’est confié sur France Bleu et France 3 : « C’est très bien de lier le nom de la ville à celui d’Agnès, car c’était un lieu significatif dans sa vie ».

Dans le même temps, il déplore l’absence de repentir du meurtrier présumé et de sa famille : « C’est quelque chose qui m’empêche d’avancer, je me sens ignoré, pas de message, de clin d’œil ou quelque chose dans ce sens. Aucune excuse, rien venant du tueur, de sa famille. J’aurais aimé entendre un peu de compassion, un mot compatissant. »

Ce jeudi, le mari d’Agnès Lassalle est revenu sur « un acte gratuit et absurde ». « La bêtise d’un seul ne doit pas occulter l’intelligence, la raison du plus grand nombre d’entre vous », a-t-il aussi dit, s’adressant à la vingtaine d’élèves présents en cette période de vacances scolaires.

De son côté, l’avocat de l’adolescent, Maître Thierry Sagardoytho a estimé que « personne dans ce dossier n’a fait l’objet d’un manque de considération. Il est d’ailleurs assez déplacé, pour ne pas dire davantage, de reprocher à ce mineur de n’avoir pas pris sa plume pour écrire aux proches d’Agnès Lassalle, car l’une des principales raisons de son incarcération tient précisément à l’interdiction absolue pour lui d’entrer en contact avec les témoins du drame, avec les proches de la victime et avec toute personne qui est liée à ce dossier. C’est au minimum une réaction hypocrite, au pire une réaction malvenue. »

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