À Saint-Nicolas, les élèves loin des polémiques
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« C’est pas du catho pur et dur » : dans ce lycée privé parisien, les élèves loin des polémiques
Au lycée Saint-Nicolas (VIe), un tiers des enseignants s’était mis en grève en novembre pour dénoncer leur « profonde souffrance au travail ». Les élèves rencontrés sur place ce mercredi jurent que la situation est pourtant très différente de l’école Stanislas, voisine de quelques rues.
Par Alexis Bisson« Il n'y a pas eu un énorme bordel comme à Stan, assure Albin, en 1 re professionnelle et qui explique ne pas s'être reconnu dans la polémique autour de l'enseignement catholique. L'image du catho, elle a changé, jure le lycéen. C'est loin de l'idée qu'on s'en fait dans l'imaginaire populaire. Ici, la zone liée au religieux est très séparée, c'est au bon vouloir de chacun. Ce n'est pas du catho pur et dur. Bien sûr, c'est plus sévère, on ne sort pas comme on veut, c'est beaucoup plus encadré. »
« La religion c'est du facultatif »
« C'est un lycée plutôt strict mais c'est normal, ce qui compte ici c'est la réussite, avoir les meilleurs chiffres », abonde Julien*, qui estime lui aussi que « la religion n'est présente que pour ceux qui le veulent ». « Il n'y a aucune obligation », insiste encore celui qui suit un BTS électrotechnique. Regroupé sous un porche pour s'abriter de la fine pluie qui tombe sur la capitale ce mercredi, ce groupe d'élèves en filière générale ne dit pas autre chose : « On est très libres, assurent-ils en chœur. Il ne faut pas croire tout ce qu'on dit sur l'enseignement catholique... » Tout irait donc pour le mieux à Saint-Nicolas ? Certains enseignants n'en sont pas convaincus. Au mois de novembre, un tiers d'entre eux avaient fait grève pour dénoncer une situation de « souffrances profondes » au travail. Un audit réalisé au sein de l'établissement à l'été 2022 avait conclu à « une défaillance managériale » et une « souffrance au travail avérée ». Les enseignants s'étaient notamment mobilisés pour dénoncer le licenciement, pendant les vacances de la Toussaint, d'une CPE (conseillère principale d'éducation) pour « faute grave».
« Vous savez, ici, c'est une entreprise comme une autre »
La grève, quelle grève ? « Je ne suis pas au courant », glisse un lycéen en pressant le pas devant la porte d'entrée. Devant l'établissement, un responsable qui surveille l'entrée et la sortie des élèves coupe court à la conversation : « Aucun souci au lycée », tranche-t-il. Le mouvement de grève de ses collègues ? « Bien sûr qu'ils ont eu raison, concède-t-il. Il y a toujours des choses à dire sur le fonctionnement d'un établissement mais c'est délicat. Vous savez, ici, c'est une entreprise comme une autre, c'est du management. Ça fonctionne partout pareil... »
Trois mois après le mouvement, rien n'aurait vraiment changé au sein du corps enseignant. « Le mal-être est toujours présent », regrette une professeure qui se dit « en première ligne ». « Il y a toujours beaucoup d'arrêts, beaucoup de demandes de mutation. Il y a une maltraitance du personnel, des gens en arrêt à qui on retire le bureau... » En poste depuis plus de dix ans, elle aussi observe avec inquiétude et tristesse le virage pris par l'enseignement catholique. « Les cas se multiplient autour de nous, toujours sur le même schéma, on n'en comprend pas la raison, déplore l'enseignante. C'est un établissement que j'aime et pourtant j'ai moi aussi demandé à le quitter. »
Contacté, l'Enseignement catholique de Paris n'était pas en mesure de répondre à nos sollicitations.
À Paris, les enseignants d’un lycée privé catholique à bout : « Même ici, il y a de la souffrance »
Près d’un tiers des enseignants du lycée Saint-Nicolas (VIe) ont fait grève ce mardi pour dénoncer une situation de souffrance au travail dans cet établissement général, technologique et professionnel qui accueille près de 1 200 élèves.
Par Estelle Dautry Article Le ParisienÀ l’appel de la CGT, 45 enseignants - sur 140 - du lycée privé général, technologique et professionnel Saint-Nicolas (VIe), ont fait grève ce mardi. Un mouvement qui pourrait être renouvelé jeudi, tant les « souffrances sont profondes », selon plusieurs enseignants de l’établissement.
« Depuis 18 mois, nous dénonçons nos conditions de travail. Un audit réalisé au sein de l’établissement à l’été 2022 a rendu un rapport accablant. Il montrait une défaillance managériale et une souffrance au travail avérée. Certains ont demandé de l’aide à notre direction diocésaine, ils ont été reçus mais sans qu’il n’y ait de changement par la suite », raconte une enseignante.
À la suite du dépôt d’un préavis de grève allant de ce mardi au vendredi 10 novembre, une assemblée générale a eu lieu dans l’établissement lundi. « Le chef d’établissement du lycée Saint-Nicolas a pris des mesures et les a annoncées », assure le diocèse de Paris.
« Une communication claire » attendue
Les
enseignants affirment n’avoir pas perçu de mesures concrètes et ont par
conséquent décidé de maintenir la grève ce jour. « Pour nous, la goutte
d’eau, c’est le licenciement pendant les vacances de la Toussaint d’une
CPE pour faute grave. Elle était là depuis 19 ans, déplore un membre du
corps enseignant. Nous voulons plus de transparence sur ce
licenciement, mais aussi une communication claire de la direction. »
« L’enseignement catholique est censé être bienveillant. Ce n’est pas le
cas. Même ici, il y a de la souffrance au travail », poursuit une
professeure. Une rencontre est fixée ce mercredi entre la direction et
les organisations syndicales, et la CGT a rendez-vous au rectorat de
Paris jeudi. Ce rendez-vous avait été pris en amont, mais portera
nécessairement sur les évènements des derniers jours au sein du lycée.
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