Toulouse - Accusé d’abus sexuel, de corruption de mineur et de viol, un ancien proviseur, retrouve un poste d'enseignant dans un autre lycée
Accusé d’abus sexuel, de corruption de
mineur et de viol, un ancien proviseur, retrouve un poste d'enseignant
dans un autre lycée
Accusé d’abus sexuel, de corruption de mineur et de viol, un ancien directeur d’un lycée catholique aveyronnais écarté par sa direction, a été muté dans un établissement privé de Toulouse, en tant qu’enseignant. Une décision qui suscite l’inquiétude de la famille du plaignant.
Absent de ses fonctions depuis le retour des vacances d’hiver suite au dépôt de la plainte le 28 février 2023, la Direction diocésaine par la voix de son directeur Nicolas Sènes, avait choisi de prendre "des mesures conservatoires". Une rupture conventionnelle avait alors été actée alors que le parquet de Rodez venait d’ouvrir une enquête préliminaire.
À ce jour, celle-ci n’est toujours pas close, ce que confirme à
France 3 Occitanie, le procureur, Nicolas Rigot-Muller. Elle s’apprête à
franchir une nouvelle étape avant la fin de l'année.
Les gendarmes, qui l'ont en charge, ont en effet, récemment analysé les
données du téléphone portable et de l’ordinateur du mis en cause, après
avoir aussi examiné celles du portable du plaignant, au début de leurs
investigations. Les résultats de cette analyse technique, prochainement
transmis pour étude au parquet, sont donc déterminants pour la
confirmation et la caractérisation des faits, ou non, reprochés à M.
Baldit.
90 000 messages entre le directeur et l'élève
Pour Marie*, la mère de Simon, ils ne font aucun doute. « Quand les gendarmes ont analysé le téléphone de Simon, ils y ont découvert 90 000 messages en 11 mois ! 90 000 ! En gros M. Baldit, tenait notre fils sous sa coupe toute la journée. Il l’appelait même avant de s’endormir. Il lui disait qu’il l’aimait, qu’il voulait l’épouser ! Pour nous, cela relève d’une véritable emprise. »
Selon Simon, ces relations sexuelles qui n'auraient pas été consenties ont eu lieu à partir de septembre 2022, quelques mois après la multiplication des SMS. Selon sa mère Marie, Mathieu Baldit, ami de la famille, qui lui avait même trouvé un travail, utilisait toutes les occasions pour se rapprocher de lui. Au bout de plusieurs mois, Simon, qui avait changé d’établissement, révèlera son lourd secret à ses sœurs. Ces dernières en informeront immédiatement leurs parents. "Avant de porter plainte, nous avions discuté avec notre fils pour savoir s’il s’agissait d’une relation consentie, s’il était homosexuel. Ce n’est pas le cas", affirme encore Marie.
Plainte pour viol
Pour mettre en place des mesures de sûreté, "il faut soit l’ouverture d’une information judiciaire, ou qu’on saisisse le tribunal et que l’on demande, à un juge des libertés, le placement sous contrôle judiciaire avec interdiction d’interaction avec les mineurs", précise à nouveau le procureur. Il en est de même quant à la communication à un établissement, ajoute Nicolas Rigot-Muller : "On doit informer les établissements scolaires, lorsqu’il y a une mise en examen ou lorsqu’il y a une convocation en justice. Ce qui n’est pas le cas à ce jour, déclare encore le procureur, qui estime que l’affaire n’est pas si simple. Nous sommes dans le cadre d’une enquête qui est un petit peu complexe, on essaie qu’elle soit la plus complète possible pour décider", conclut-il. Mathieu Baldit est toujours présumé innocent. Joint par France 3 occitanie, son avocat, Me Maxime Bessière, se refuse à tout commentaire.
(*Les prénoms ont été modifiés)

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