Montgeron : Malaise au collège privé Sainte-Thérèse

Des enseignants et des personnels dénoncent un « management toxique » de la part de la direction de l’établissement. L’association qui gère l’institution catholique dément. Une enquête interne pour « risque grave » est en cours. Montgeron

Montgeron (Essonne), le 22 juin 2023. Des personnels et professeurs du collège privé Sainte-Thérèse dénoncent un « management toxique ». Une expertise est en cours depuis deux semaines. LP/Cécile Chevallier

Par Cécile Chevallier
Le 23 juin 2023 à 06h30

« Employés en souffrance, professeurs en souffrance, élèves en souffrance, parents déconcertés. » Ces complaintes émanent du collège Sainte-Thérèse à Montgeron (Essonne). Depuis plusieurs mois, la situation au sein de cet établissement d’enseignement catholique de 850 élèves sous tutelle diocésaine semble tendue. Les critiques se cristallisent autour de la principale, arrivée en septembre 2019. Le comité social et économique (CSE) du collège privé a demandé le recours à un expert pour « risque grave », en cours depuis quelques semaines. Les conclusions sont attendues pour la rentrée.
Leur requête a d’abord été rejetée par la principale du collège et la direction de l’Organisme de gestion de l’institution Sainte-Thérèse (Ogec). Mais le 21 avril, le juge des référés du tribunal d’Évry a ordonné la réalisation de cette enquête interne menée par un cabinet indépendant.
« Le CSE excipe (invoque) un faisceau d’indices qui, envisagés dans leur globalité, accréditent l’existence des risques graves : ainsi il n’est pas contesté que l’Ogec n’a pas procédé aux consultations obligatoires prévues par le Code du travail, tranche le tribunal dans son jugement. On relève également un accroissement significatif des licenciements, non-renouvellement de CDD, démissions, prise d’acte et retraites depuis l’entrée en fonction de la nouvelle directrice. Enfin, de nombreux témoignages convaincants, clairs et précis de salariés dénoncent un management toxique. »

« Souffrance au travail » et « management brutal »

Un membre du CSE témoigne : « Depuis des mois, il y a de la souffrance au travail, des pratiques managériales brutales, une opacité, qui ont des conséquences sur la santé du personnel et du public accueilli au collège. Il y a une augmentation importante des arrêts maladie. Depuis que l’expertise a démarré, le nombre de personnes voulant y participer est impressionnant. Mais à distance car peu veulent être vus de l’institution. »

La direction dément avec force. « L’expertise lancée depuis deux semaines n’est pas dirigée à l’encontre de la direction de l’établissement ou de l’Ogec, répond Sylvain Castelletti, secrétaire de l’Ogec Sainte-Thérèse. Nous faisons d’ailleurs notre maximum pour qu’elle se déroule dans de bonnes conditions, et avant les vacances. Nous avons encouragé les collaborateurs de l’institution à y participer. Il nous semble important que tout le monde puisse ainsi faire valoir son point de vue. Il n’y a donc aucune volonté d’enliser, au contraire, nous espérons que cette expertise participera à améliorer la situation. »


« Les enfants subissent des représailles »


L’Ogec, qui met en avant le faible taux de mutation des enseignants et « le nombre de professeurs qui postulent dans notre institution », reconnaît que « certains collaborateurs peuvent être mécontents » et dit « prendre en considération » ce malaise. Mais ajoute qu’« il serait faux d’en faire une généralité ». « Dès qu’on rencontre une difficulté ou un désaccord avec la principale, les enfants subissent des représailles », assurent pourtant plusieurs familles qui fréquentent l’institution depuis des années. Là encore, l’Ogec répond n’avoir eu « aucune remontée d’insatisfaction généralisée, notamment auprès des représentants des parents d’élèves ».
Au rectorat, attentif aux résultats à venir de l’audit, on rappelle que le chef d’établissement n’est pas placé sous l’autorité de l’Éducation nationale. Celle-ci a néanmoins été alertée par des enseignants et une délégation d’enseignants et de personnels de l’établissement a été reçue en novembre.
Des informations sont également remontées en mairie. Pour Sylvie Carillon, la maire (LR) de Montgeron, il convient de « faire preuve de la plus grande prudence ». « La bonne méthode, c’est d’attendre les résultats de l’expertise, un prérapport doit être rendu mi-juillet, poursuit l’élue. Cela permettra au diocèse de prendre les bonnes décisions. Il faut laisser cette expertise aboutir avant de jeter l’opprobre sur une institution. »

Le Parisien

Commentaires

Anonyme a dit…
Que de similitudes avec l'Institution Jeanne d'Arc de Montrouge, c'est incroyable. Similitudes au niveau de ce que vivent les équipes enseignantes et salariés OGEC avec répression ( licenciements) et nécessité de démissionner ou se mettre en arrêt pour se protéger. A se demander s'ils se sont donnés le mot pour manager les équipes. A croire que ce type de management est encouragé lors des formations? Coté directions et soutiens, le même déni voire mépris des situations dénoncées " La direction dément avec force. « L’expertise lancée depuis deux semaines n’est pas dirigée à l’encontre de la direction de l’établissement ou de l’Ogec, répond Sylvain Castelletti, secrétaire de l’Ogec Sainte-Thérèse". Contre qui est-elle donc bien dirigée?
Pourquoi systématiquement nier les situations remontées juste dans le but de protéger des directions qui parfois sont totalement dysfonctionnelles et peu respectueuses de la dignité humaine? Quelle image cela renvoie t il des valeurs chrétiennes?
Anonyme a dit…
https://www.change.org/p/stop-au-management-toxique-pour-un-retour-%C3%A0-la-bienveillance-au-coll%C3%A8ge-sainte-th%C3%A9r%C3%A8se-de
Anonyme a dit…
"La direction dément avec force. « L’expertise lancée depuis deux semaines n’est pas dirigée à l’encontre de la direction de l’établissement ou de l’Ogec, répond Sylvain Castelletti, secrétaire de l’Ogec Sainte-Thérèse"
Une question me vient en lisant de tels propos " si l'expertise n'est pas dirigée à l'encontre de la direction de l'établissement, à l'encontre de qui est-elle donc dirigée? A l'encontre du personnel victime de management toxique?

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