Un collège de l'Oise victime d'une odieuse récupération politique de Reconquête
Une semaine de l'égalité était organisée dans un collège catholique de l'Oise. Le parti Reconquête de Zemmour s'est félicité de l'avoir fait annuler. Le directeur dément.
C’est un tweet qui suscite de nombreuses réactions et soulève de
nombreuses questions. Le 11 mars dernier, Julie Roussel, l’une des
responsables du parti politique Reconquête dans l’Oise, se réjouissait d’avoir fait annuler un contenu pédagogique au sein d’un établissement scolaire du département.
Pour Philippe Chodorge, le chef de l’établissement visé par le parti d’Eric Zemmour, il ne s’agit en réalité que « d’une récupération politique pour diffuser son idéologie ». Explications.
Sensibiliser à « l’un des piliers de notre République : l’égalité »
A l’instar de nombreux établissements scolaires de France, une semaine de l’égalité était programmée, du 6 au 10 mars, pour les collégiens de l’Institut catholique Saint Joseph du Moncel à Pont-Sainte-Maxence.
Le programme invitait les participants, à travers plusieurs ateliers, discussions et jeux ludiques, à réfléchir autour de « l’absence de toute discrimination entre les êtres humains sur le plan de leurs droits », comme mentionné dans le flyer de présentation.
Pour l’équipe pédagogique, il était question d’informer et de sensibiliser « sur un des piliers de notre République : l’égalité ».
L’égalité entre les hommes et les femmes, la notion de consentement, le
harcèlement de rue, les violences conjugales, l’identité de genre, la
thématique LGBTQIA+ ou encore le sexisme.
La semaine de l’égalité annulée
Une
semaine finalement annulée par le chef d’établissement, Philippe
Chodorge, qui « n’avait pas validé le contenu pédagogique en amont de sa
diffusion par voie d’affichage dans l’établissement ».
Je
me suis entretenu, le vendredi 3 mars, avec la professeure à
l'initiative de cette action, qui avait mon accord de principe. Elle ne
m'avait pour autant pas précisé clairement les thèmes abordés. J'ai
trouvé qu'elle a été un peu vite en besogne, j'ai donc pris la décision
d'annuler l'action pour la retravailler.
La « prudence » de l’enseignement catholique
L’annonce
du « report » de cette action pédagogique a alors été communiquée aux
parents d’élèves, par voie électronique, dans la matinée du 4 mars 2023.
Une décision que le chef d’établissement justifie par une « nécessité de prudence ».
Dans notre établissement, tous
les sujets qui traversent la société doivent être abordés, mais de
manière éclairée et réfléchie. Pour ce faire, nous devons former nos
enseignants aux thématiques abordées, d'autant plus lorsqu'elles sont
sensibles. Nous sommes dans l'attente de documents de l'enseignement
catholique qui doivent encadrer ces actions.
« Une récupération politique pour diffuser une idéologie »
Le
lundi 6 mars, le chef d’établissement est informé que des militants de
Reconquête sont à l’œuvre devant son établissement. « J’ai constaté que des individus tractaient à la sortie de l’école ».
Quelques jours plus tard, le samedi 11 mars, la responsable du parti de Zemmour et du réseau Parents Vigilants dans l’Oise, tweetait « la bonne nouvelle ».
Grâce
à notre mobilisation [Reconquête] et des Parents Vigilants [Protégeons
nos enfants], la semaine de propagande au collège de l’institut Saint
Joseph à Pont-Sainte-Maxence dans l’Oise a été annulée.
« Ces gens-là ont forcé le trait. Cette semaine de l’égalité n’est pas de la propagande.
Parmi nos 1400 élèves, nous en avons une dizaine LGBTQIA+. Et notre
préoccupation première est de les accompagner », réagit le chef
d’établissement.
Et de poursuivre, « je n’ai pas l’habitude de
céder à des pressions. Je n’ai reçu aucun courrier, mail ou coup de
téléphone de quelconque parent. Il s’agit d’une récupération politique
pour diffuser une idéologie ».
Une campagne de communication
Dès le 3 mars, « Protégeons nos enfants » avait signalé l’action pédagogique auprès de sa communauté. « Le collège […] organise une semaine LGBT.
Les enfants suivront, par exemple, des ateliers sur « l’identité de
genre et l’orientation sexuelle ». Mobilisez-vous pour protéger vos
enfants. »
Ainsi, on peut lire sur les tracts distribués devant
l’établissement scolaire, les « luttes » menées par ces « Parents
Vigilants » : « effondrement du niveau scolaire, propagande LGBT, détestation de la France. »
A l’Institut catholique Saint Joseph du Moncel de
Pont-Sainte-Maxence, la semaine de l’égalité devrait voir le jour au
cours de l’année scolaire 2023-2024, promet le chef d’établissement.
D’ici là, un programme devra être « validé » par l’enseignement catholique.
C'est quoi "Protégeons nos enfants" ?
"Protégeons
nos enfants" n'est ni une association, ni un collectif ni une
organisation. C'est une campagne de communication portée par le parti
politique Reconquête, dont le chef de file est Eric Zemmour. Cette
campagne fédère ses adhérents au sein d'un réseau de "Parents
Vigilants". Pour ces militants, il s'agit de lutter contre le "grand
endoctrinement dans les écoles, la propagande LGBT, la théorie de genre
et la théorie wokiste diffusés par le ministre de l'Education Pap
Ndiaye", comme le relate Agnès Marion, porte-parole de Protégeons nos
enfants, dans une vidéo de promotion de la campagne. Campagne largement
relayée dans l'Oise par Julie Roussel, responsable du parti Reconquête
et du réseau Parents Vigilants.
LGBT et enseignement catholique : après l’émoi de parents, un lycée de l’Oise annule sa Semaine de l’égalité
À Pont-Sainte-Maxence, l’Institution Saint-Joseph-du-Moncel avait prévu
d’organiser début mars des ateliers autour de l’équité salariale ou
encore de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle. « Une
semaine de propagande », selon le collectif Parents vigilants, proche
d’Éric Zemmour. La direction a décidé de « retravailler ses contenus ». Article Le Parisien
Le 22 mars 2023 à 06h30 Pont-Sainte-Maxence (Oise), ce mardi. A la sortie de l’Institution
Saint-Joseph-du-Moncel, les élèves rencontrés semblaient ignorer les
raisons pour lesquelles les ateliers avaient été annulés. LP/Alexis
Bisson
Est-il encore possible d'évoquer des sujets liés à l'égalité femmes-hommes dans les établissements catholiques ? À Pnt-Saint-Maxence (Oise), l'Institution Saint-Joseph-du-Moncel y a en tout cas renoncé, en annulant les ateliers qui auraient dû être organisés dans le cadre de la Semaine de l'égalité, du 6 au 10 mars.
Dans son programme, le professeur qui avait travaillé sur cet événement proposait pourtant "une semaine sur un des piliers de notre République : l'égalité". Avec un objectif clairement affiché : "l'absence de toute discrimination entre les êtres humains, sur le plant de leurs droits."
Au cours de ces ateliers, il devait être question "d'équité salariale", de "sexisme dans la langue", "d'identité de genre et d'orientation sexuelle", de "violences conjugales"... le mercredi 8 mars, un jeu de piste aurait également du être organisé, sur le thème suivant : "cherchez la femme". Au programme : la question du consentement et le harcèlement de rue.
En y regardant de plus près, certains parents d'élèves se sont surtout émus du programme du lundi 6 mars. L'établissement où sont scolarisés plus de 1300 élèves, de la maternelle à l'enseignement supérieur, se proposait d'évoquer avec les lycéens la "découvert des thématiques LGBTQIA+ hommes/femmes". Un signe qui désigne la communauté des personnes homosexuelles, bisexuelles, trans, queer, intersexes ou asexuelles.
"Mobilisez-vous pour protéger vos enfants"
Rapidement signalée, l'initiative de l'établissement catholique est notamment relayée et dénoncée par le réseau Parents Vigilants. Un collectif affilié au parti Reconquête d'Éric Zemmour qui fustige "l'idéologie "woke" et "l'islamisme" qui "s'infiltrent partout dans les établissements scolaires".
"Grâce à notre mobilisation et des Parents Vigilants, la semaine de propagande au collège de l'institut Saint Joseph à Pont Sainte Maxence dans l'#Oise a été annulée. #ProtegeonsNosEnfants pic.twitter.com/5QWvxG9gN6 - Julie ROUSSEL (@rousseljulie60) March 11. 2023
"Mobilisez-vous pour protéger vos enfants", intimait le collectif d'extrême droite sur les réseaux sociaux avant de relayer des photos de distribution de tracts devant l'établissement. Leur appel aura rapidement été entendu. "Grâce à notre mobilisation, la semaine de propagande a été annulée", s'est ainsi réjouie sur Twitter Julie Roussel, la responsable du parti Reconquête dans la première circonscription de l'Oise. La jeune femme a notamment été candidate aux élections législatives dans la troisième circonscription de l'Oise, sous l'étiquette du parti d'Éric Zemmour (3.67%).
"Nous ne sommes pas contre les LGBT, seulement ça n'a rien à faire dans le cadre de l'éducation, a précisé sur Twitter celle qui est aussi responsable des Parents Vigilants de l'Oise. Un mail a été envoyé et les ateliers annulés car contraires à l'idéologie de l'établissement. Nous avons montré notre mécontentement concernant certains sujets, si le directeur a décidé de supprimer toute la semaine, il a ses raisons." Contactée, Julie Roussel n'a pas répondu dans l'immédiat à nos sollicitations.
"C'est un temps qui a été déplacé et non annulé", précise le chef d'établissement
L'établissement catholique a-t-il cédé sous la pression du collectif soutenu par le polémiste d'extrême droite ? "Je n'ai cédé à personne, il n'y pas de chape de plomb sur ces sujets, jure Philippe Chodorge, le chef d'établissement. C'est un temps qui a été déplacé et non annulé. J'avais donné mon accord de principe mais j'ai estimé qu'il y avait nécessité de retravailler les contenus."
Pourra-t-on toujours, par exemple, évoquer "l'identité des genres et l'orientation sexuelle ?" "Tous les sujets sont à aborder avec les jeunes", assure encore le responsable, sans toutefois préciser la nature des continus à revoir. "Ce sont des thématiques que nous avons aussi à aborder au sein de l'enseignement catholique. Nous ne prônons pas l'obscurantisme. Mais la parole n'est pas évidente sur ce sujet. Il faut que les personnes qui en parlent aient un minimum d'outils pour le faire."
De son côté, Pascal Leroy, le directeur diocésain de l'enseignement catholique de l'Oise, qui soutient le chef d'établissement, ne dit pas autre chose : "Nous travaillons sur ces sujets pour apporter des outils concrets aux établissements. Ce sont des questions lourdes de sens pour nous et avec cette initiative maladroite, l'enseignant n'a sans doute pas mesuré tous les enjeux. Nous cherchons toujours à être bienveillants et accueillants et toute question doit être entendue."
"C'est compliqué d'évoquer certains sujets"
L'annulation de cette Semaine de l'égalité ne semble pas avoir ému outre mesure les élèves rencontrés ce mardi au pied de l'église Sainte-Maxence, qui jouxte l'établissement. "On sait juste que ça a été annulé, sans plus d'explications", confie un petit groupe à la sortie. Élève de 3è, Léa (le prénom a été changé) se dit tout de même "un peu déçue". "Je m'étais inscrite pour certains ateliers et j'aurais bien aimé les faire", assure l'adolescente. "Entre élèves, on n'a pas les mêmes idées, ça aurait été bien d'en parler".
L'annulation des ateliers n'a en tout cas pas trop surpris Juliette (le prénom a été changé), scolarisée en première professionnelle : "À titre personnel, j'aurais aimé y participer, il y avait des sujets très intéressants et on a beaucoup à apprendre sur tout ça. Mais je ne suis pas trop étonnée qu'ils aient voulu l'annuler. On est quand même dans un lycée catholique et c'est compliqué d'évoquer certains sujets. Ce n'est pas vrai pour tout le monde, mais de l'homophobie, du racisme, il y en a toujours beaucoup..."
Par Paul Sugy 7 décembre 2025 à 19:00 Article Le Figaro ENQUÊTE - Le recrutement d’un futur directeur à la tête du prestigieux établissement parisien vire au cauchemar : alors qu’un candidat externe, Nicolas L’Hotellier, a été choisi, la direction actuelle s’oppose à sa nomination et les parents d’élèves se déchirent en deux camps. Depuis quelques jours un vent de crise secoue discrètement les vieux murs de l’École Alsacienne , prestigieux établissement d’enseignement privé du 6e arrondissement de la capitale connu pour sa réputation d'école des élites ( Gabriel Attal , entre autres personnalités, en fut l’élève). Son respecté directeur, Pierre de Panafieu, s’apprête à quitter ses fonctions après vingt-quatre ans à la tête de «l’Alsa» : pour le remplacer, le conseil d’administration de l’école avait lancé un appel public à candidatures, et s’est fait assister pour sa sélection d’un prestataire ...
Nous la connaissons tous cette histoire au sein du collectif. Elle résonne avec ce que vivent les personnels de nombreux établissements privés sous contrat de cette académie, comme auprès de tant d’autres à travers la France. Des enseignants qui alertent, qui demandent de l’aide, qui font confiance aux institutions censées les protéger, et qui se retrouvent seuls, épuisés et la carrière détruite. Au collège du Sacré Cœur, un chef d'établissement dont le comportement est dénoncé par de nombreux personnels. A Versailles, le service du privé du rectorat (DEEP) qui reçoit les alertes et ne prend pas les mesures permettant de protéger les personnels. Des échanges qui devraient rester strictement confidentiels et qui se retrouvent transmis aux chefs d'établissement pour lesquels ces alertes ont été formulées, mettant en danger des personnels déjà fragilisés qui appelaient au secours ou alertaient. Et quand vient le moment de trancher, parole contre parole, sans preuve établ...
A Madame Laubignat, présidente de l'APEL seule association de parents d'élèves autorisée par l'enseignement catholique: Vous déclarez dans l'article du Figaro du 3 juillet que: " Nous ne sommes pas non plus une organisation à la botte de l'enseignement catholique. Je revendique plus que jamais notre indépendance et le fait que l'on représente toutes les familles." Jetez un coup d’œil à notre billet publié le 9 juin et dites nous si vos paroles sonnent vrai? Devons-nous vous rappeler que notre collectif a été créé par des parents de l'Institution Jeanne d'Arc de Montrouge , usés d'alerter à tous les niveaux et d'être méprisés y compris par l'APEL de l'établissement? Comment expliquez-vous que, dans tous les dossiers que nous suivons de près, pour lesquels nous avons été alertés par des parents inquiets (parce que témoins de personnels en détresse) et victimes eux-mêmes de représailles , aient été systématiquement l...
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