La flexibilité, clé de l’enseignement catholique pour pallier la pénurie de professeurs
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La flexibilité, clé de l’enseignement catholique pour pallier la pénurie de professeurs
L'enseignement catholique sous contrat - qui scolarise 17 % des élèves de France - ne se voile pas laface. Dans ses établissements, où les professeurs sont rémunérés par le ministère de l'’Éducation - au même salaire que ceux du public -, la crise d’attractivité se fait sentir aussi. Preuve qu’il y a bien un problème structurel et que le vivier de candidats au «plus beau métier du monde» s’étiole.
«Il y a quinze ans, nous comptions sept candidats au concours de professeurs des écoles pour un poste. Aujourd’hui, nous sommes à 2,8», explique Yann Diraison, adjoint au secrétaire général de l'enseignement catholique. «Mais nous en avons encore 2,8!», ajoute-t-il.
La dernière ligne droite
Les instituts de formation catholiques sont payants (3000 euros pour les deux années de master). Un élément qui, indéniablement, joue sur la sélection et la motivation. Dans ces instituts, l’accompagnement des étudiants est aussi plus dense, surtout dans la dernière ligne droite, très chargée, du concours.
En cette rentrée, l'enseignement catholique n’est donc pas particulièrement inquiet. Même si, dans les collèges et lycées, les difficultés sont présentes, comme dans le public, sur certaines disciplines comme les mathématiques ou encore les SVT. «Il faut que le ministère se penche sur les concours et les jurys, estime Yann Diraison. L’exigence doit être maintenue, mais, lorsque le système ne produit pas assez d’enseignants d’un côté, et produit du “speed dating” de l'autre pour recruter des contractuels, il faut se poser des questions!» Il y voit l’illustration d’un système qui «ne se conçoit pas comme une entreprise d’éducation ayant des besoins de résultats».
«Du cousu main»
«Si un prof de maths est absent une semaine, les élèves feront plus de physique et rattraperont les heures de maths la suivante. Dans nos établissements, il y a plus de souplesse et de flexibilité», fait valoir Gilles Demarquet, le président de l’Apel, l’association des parents de l'enseignement catholique. Le directeur a en effet davantage de marge de manœuvre que dans le public.
L'affectation des enseignants est par ailleurs moins rigide et la gestion des ressources humaines plus décentralisée. « Pour les professeurs des écoles, cette gestion est départementale, et, pour ceux du collège et du lycée, elle est académique , précise Yann Diraison. Nous essayons de faire du cousu main .» Là où un enseignant stagiaire du public peut être affecté à l'autre bout de la France, les débutants du privé ont toutes les chances de rester dans leur académie d’origine. De fait, sur 2300 lauréats au concours du second degré, seuls 33 ne sont pas affectés dans l'académie de leur choix.
Autre différence majeure avec le public: historiquement, l'enseignement privé catholique a davantage recours à des «suppléants», l’équivalent des «contractuels». Ces personnels représentent 30 % des enseignants de collège et lycée, contre 8 % à 9 % dans le public. Ils sont très présents en lycée professionnel (dont le nombre est proportionnellement plus élevé que dans le public), sur des disciplines très spécifiques. «Notre implantation territoriale est aussi plus diffuse,ajoute Yann Diraison. Et puis, il existe une tradition de recrutement par réseau.» Dans ces établissements, il n’est pas rare qu’un directeur fasse appel aux parents pour recruter un prof d’anglais, d’italien ou de maths.
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