Préservatif qui "ne sert à rien", avortement qualifié de meurtre, grossesse après un viol désignée "cadeau de Dieu"… Ces propos qui font scandale au prestigieux collège Stanislas de Paris

 

Préservatif qui "ne sert à rien", avortement qualifié de meurtre, grossesse après un viol désignée "cadeau de Dieu"… Ces propos qui font scandale au prestigieux collège Stanislas de Paris

Publié le , mis à jour - Léna Martin Article L'Indépendant


L'établissement de renom apprendrait à ses élèves qu'avorter revient à tuer volontairement, et qu'une fille se doit de "s'adapter" aux "pulsions " des garçons. 
Situé dans le VIe arrondissement de Paris, le Collège Stanislas est considéré comme l'un des meilleurs établissements scolaires en France. Ce lycée privé catholique, dispense des cours de l'école maternelle à la prépa.

Il a notamment été fréquenté par personnalités publiques comme le Général de Gaulle, Carlos Ghosn ou même Jean-Michel Blanquer

Cependant, une enquête de L'Express vient révéler une réalité des plus choquantes. Plusieurs témoignages rapportent un discours problématique, prônant des idées à l'extrême de la doctrine catholique ultra-conservatrice

Un discours archaïque sur la sexualité et la contraception 

Inès de Franclieu, professeure dans l'établissement explique aux élèves que "La contraception naturelle marche très bien" et que "Le préservatif ne sert à rien".

Selon elle, les maladies sexuellement transmissibles seraient dues à "un usage particulier de la sexualité". Interrogée par l'Express, Inès de Franclieu a ouvertement assumé ces propos.

@Nassira El Moaddem - 8 juin 2022 sur Twitter
À #Stanislas où Jean-Michel Blanquer a été élève, une enseignante, Inès de Franclieu, demande aux filles selon leur témoignage, d'apprendre à "être pudique, afin de ne pas être l'objet du regard des garçons"
Elle assume auprès de @LEXPRESS :"Ces propos, Inès de Franclieu les assume auprès de l'Express : "les filles se plaignent qu'on leur parle de pudeur, mais ce sont aussi les premières à dire qu'elles se font violer aujourd'hui. Il faut donc qu'elles apprennent qu'on ne fonctionne pas pareil". Concernant les vêtements, l'éducatrice prend l'exemple des prostituées, "habillées d'une certaine façon". "On sait que le corps dénudé fait quelque chose à l'homme, sinon il y a un problème", explicite-t-elle.

Inès de Franclieu, enseignante de #Stanislas, qui est présentée comme "une spécialiste de l'éducation affective et sexuelle" écrit d'ailleurs ceci rapporte @LEXPRESS
"à maîtriser son regard", peut-on ainsi lire. Plus loin, la "spécialiste" est plus directe : "Toi, jeune fille au fond de ton cœur tu ne souhaites pas être considérée comme un objet. [...] Fais donc en sorte de ne pas provoquer le regard du garçon. La façon dont tu t'habilles aidera ou non le garçon à maîtriser son regard, et donc aussi ses gestes."

Le personnel a l'interdiction de distribuer des préservatifs à tout élève, même majeur, raconte un ancien infirmier de l'école. 

Un rapport filles/garçons biaisé

Les relations entre élèves ne sont pas autorisées. Un ancien élève raconte que leur portable était fouillé par le personnel afin de vérifier qu'ils ne parlent à aucune fille. Selon lui, "Un gars a été viré une semaine pour avoir embrassé une fille".

Dans le cadre des cours d'éducation sexuelle, on demanderait également aux jeunes filles d'être "pudique, afin de ne pas être l'objet du regard des garçons".

Une élève raconte que selon sa professeure "les garçons avaient des pulsions de vie, et il fallait s'y adapter". 

Le viol banalisé et l'avortement incriminé

Inès de Franclieu, la professeure largement mise en cause dans l'affaire a déclaré à L'Express : "Les filles se plaignent qu'on leur parle de pudeur, mais ce sont aussi les premières à dire qu'elles se font violer aujourd'hui".

Elle aurait expliqué à ses élèves, lors d'un cours de catéchisme, que tomber enceinte après un viol était "Un cadeau de Dieu". 

Par ailleurs, son cours raconte que : "L'avortement signifie toujours tuer volontairement une personne humaine innocente".

Légal ou non ? 

Confrontée à ces propos plus que problématiques, la direction revendique sa "liberté éducative" offerte par une loi de 1959 régissant les établissements privés sous contrat.

Cependant, cette loi établit que les enseignements obligatoires doivent respecter " les règles et programmes de l'enseignement public", tout en transmettant "une vision égalitaire des relations entre les femmes et les hommes".

L'EXPRESS : Stanislas, le collège d'élite qui prône la "pudeur" féminine face aux "pulsions" des garçons

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