L'Union - Reims : après le renvoi du directeur du collège Saint André, l'arrivée de son successeur "inquiète" le personnel
Le directeur mis à pied à la suite d’un message grivois sur Facebook a
été remplacé ce lundi. Le nouveau chef d’établissement a lui aussi été
poussé vers la sortie dans son poste précédent.
L’établissement catholique Saint-André, à
Reims, qui rassemble plus d’un millier d’élèves (400 primaires et 600
collégiens), va-t-il enfin retrouver un peu de sérénité, après plus d’un
mois de polémique ?
À la veille des vacances de la Toussaint, la Direction interdiocésaine annonçait le départ du directeur de l’établissement, Jean-Olivier Jouve. En cause : un message grivois envoyé à son amie, en public sur les réseaux sociaux. Pour le diocèse, ce post collait mal avec son poste, qu’il occupait depuis 2013, et cet envoi a rimé avec renvoi. Au grand désarroi de parents d’élèves, d’enseignants et de personnels de l’établissement : une pétition demandant sa réintégration a ainsi recueilli, en deux semaines, plus d’un millier de signatures.
“Nomination-éclair”
Son retour est toutefois déjà de l’histoire ancienne. Mis à pied à
titre conservatoire, il devrait toucher son salaire au moins jusqu’à la
fin de l’année scolaire, mais sans reprendre son travail. Le poste a été
pourvu et son successeur, Bruno Abart, a pris ses fonctions ce lundi.
Une « nomination-éclair », indique-t-on dans l’établissement, et qui « inquiète le personnel ». "Le nouveau directeur a connu une fin d’année scolaire houleuse à un poste similaire".
M. Abart arrive en effet du collège Saint-Hilaire, à Allaire (Morbihan), où la fin de l’année scolaire a connu des remous. Plusieurs jours de suite, rapporte Ouest France, la quasi-totalité des enseignants, soutenus par des parents d’élèves, s’est mobilisée pour demander son départ, alors qu’il n’était arrivé qu’en septembre 2019. Motif de ce désamour : les pistes évoquées par le directeur pour réduire les coûts, notamment des cours en amphithéâtre pour deux classes en même temps, et la baisse de l’aide aux enfants en difficulté. La direction diocésaine du Morbihan l’avait d’abord soutenu, avant que M. Abart, début juillet, n’annonce lui-même son départ.
Cinq mois plus tard, c’est donc dans un contexte
délicat que la nouvelle direction se met en place au collège
Saint-André. Selon un interlocuteur, le personnel est partagé entre
inquiétude et interrogation, tandis que des responsables de l’OGEC
(Organisme de gestion de l’enseignement catholique), en désaccord avec
les décisions prises, envisagent de démissionner. Contacté, le collège
renvoie vers la Direction interdiocésaine, qui n’a pas donné suite à
notre sollicitation.
L'Union
Commentaires