Pyrénées - Des profs en souffrance
Des profs en souffrance
Pyrénées-Atlantiques Saint-Pée-sur-Nivelle
Les relations avec les élèves ne leur posent pas de problème. Ils pointent du doigt l'administration et un certain nombre de griefs portant notamment sur les emplois du temps ou encore le projet d'établissement. Mais surtout, ils évoquent une ambiance pesante, décrivent un établissement « où s'affrontent deux camps », une « absence de dialogue ». Ils ont le sentiment d'être «sans cesse dénigrés».
L'un d'eux évoque « la boule au ventre du dimanche soir quand on sait qu'il faut y retourner ». Une autre se souvient de ce moment où elle s'est dite : « je ne peux plus y aller ».
Arrêts maladie
Durant ces deux dernières années, une dizaine d'entre eux explique avoir été en arrêt maladie plus ou moins longtemps parce qu'ils « n'en pouvaient plus ». D'ailleurs précise Serge Hastoy, délégué du personnel, « deux d'entre nous sont actuellement en congé maladie ».
Face à ces doléances la médecine du travail a poussé le CNEAP (Conseil national de l'enseignement agricole privé) à diligenter un audit. Le rapport souligne « un malaise évident au sein de l'établissement », tout en précisant qu'il « touche de manière différente les catégories de personnels ».
Les non enseignants se disent globalement satisfaits. L'expertise divise ensuite le corps enseignants en deux catégories. Il y a les grévistes qui dénoncent un déficit de communication interne, ne s'estiment pas assez associés aux rénovations pédagogiques et sont « très critiques vis-à-vis de la direction et, parlent d'un "bateau sans capitaine". » Et puis le tiers restant sans « griefs particuliers ».
L'une des enseignantes de ce tiers-là qui a tenu hier à se prononcer sur la situation parle, elle, au contraire « d'un directeur à l'écoute », qui « fait confiance », « de conditions de travail confortables », dit se sentir soutenue. « Notre situation est enviable », conclut-elle même.
Le directeur, Bernard Anchordoqui ne nie pas « la souffrance exprimée », parle de « conflits réels de personnes qui ne sont pas à généraliser ». Il explique que depuis l'audit « des pas ont été faits », des « réunions organisées », « des problèmes réglés » sur les points concrets relavant de la pure gestion administrative. Pour le reste, « un travail est en cours, tout ne peut pas se faire du jour au lendemain. »

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