Sacré Coeur Versailles - La bande à Bollo à la rescousse des écoles cathos

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Par Emmanuel Savoye et Jérôme Canard  

 Article du Canard Enchaîné

Les accusations de dérives autoritaires et de glissement vers l’intégrisme portées à l’encontre du chef d’établissement du collège du Sacré-Cœur, à Versailles, poussent les médias de Bolloré à riposter en rangs serrés : on ne s'en prend pas aux cathos tradis ! 

Pas touche aux cathos, sinon les médias Bolloré sortent les crocs ! Dernier exemple : le collège du Sacré-Cœur, un établissement versaillais sous contrat. Après de vilains articles dénonçant son « glissement » vers l’« intégrisme catholique » depuis l’arrivée, en 2022, du nouveau chef d’établissement, Emmanuel Assailly, ainsi qu’un reportage sur France 3 (24/6) évoquant les « dérives autoritaires » de ce dernier, l’artillerie bolloréenne s’est mise en branle. Sortie des extincteurs sur CNews (25/6), avant une contre-­attaque au lance-flamme dans le « JDD » et sur Europe 1 (28/6). Pourtant il s’en passe, des choses, au Sacré-Cœur… Le 2 mai dernier, l’ex-directeur de la maîtrise Saint-Louis – chorale composée d’une centaine d’écoliers, de collégiens et de lycéens du groupe scolaire – est reconnu coupable d’atteinte sexuelle sur mineure et condamné à huit mois de prison avec sursis. Il n’a pas fait appel. Au tribunal, les ­responsables du Sacré-Cœur et du diocèse de ­Versailles ont brillé par leur absence. Ils craignaient de devoir s’expliquer ? En 2022, à peine arrivé, Assailly avait envoyé un mail commun aux huit enseignants de la maître qui l'avaient averti des agissements du chef de choeur pour les avertir de la non-reconduction... de leurs contrats !

Au Sacré-Coeur, le personnel n'est pas à la fête. Des enseignants dénoncent la mise en place d'un système de harcèlement moral, entretenu par les "préfets" (les responsables de niveau de la 6è à la 3è), une véritable garde "prétorienne" au service d'Assailly. Insultes, intimidations, dénigrements en public... et si on l'ouvre trop, c'est la porte ! Un "climat de souffrance au travail" déjà dénoncé dans un audit indépendant transmis en décembre 2024 au diocèse et au rectorat, resté lettre morte et jugé "à charge" par Assailly. Lequel a, de son côté, déposé deux plaintes en diffamation contre des profs, rapidement classées sans suite. 

Au vu de la multiplication des demandes de mutations et d'arrêts de travail, le rectorat de Versailles a diligenté, en avril, une enquête administrative pour faire "toute la lumière sur un environnement professionnel dégradé", ainsi que pour "apprécier le contrat d'association. Ce qui justifie pour le moins une certaine médiatisation. Aux yeux de la fachosphère, c'en est trop ! Sur le plateau de "face à l'info", puis sur Europe 1, l'extrême-droitière Gabrielle Cluzel, du site Boulevard Voltaire, évoque "un procès stalinien fait aux écoles catholiques". Dans le "JDD" (30/3), Pascal Praud s'était déjà insurgé, à l'occasion de l'affaire Riaumont, contre "le procès de l'Eglise romaine, le procès de l'éducation à l'ancienne instruits par les médias". 

Le pauvre ! Il en a gros sur le Sacré Coeur !

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