Nogent-sur-Marne : grève « historique » à l’Institut Montalembert contre la nomination de la future directrice

 

Nogent-sur-Marne : grève « historique » à l’Institut Montalembert contre la nomination de la future directrice

Les cours ont été perturbés ce mardi. Plusieurs dizaines d’enseignants et personnels œuvrant au sein de cette institution catholique refusent toujours la nomination de celle qui doit occuper en septembre le poste de chef d’établissement coordinateur, décrite comme « autoritaire » par certains enseignants travaillant auprès d’elle à Montrouge (Hauts-de-Seine).

Voilà une grille devant laquelle on n’aurait jamais pensé voir pendues des banderoles. Fondé en 1927 par des sœurs dominicaines et toujours sous tutelle de la Congrégation Romaine de Saint-Dominique (CRSD), l’Institut Montalembert de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) a été touché par un mouvement de grève ce mardi 14 mai.
 
 
 

« C'est historique. Même pendant les mouvements de grève nationaux, on ne se mobilise pas ainsi », souligne, sous une pluie persistante, l'un des quelque 50 enseignants et personnels ayant choisi ce mode d'action pour se faire entendre. À l'origine, il y a une inquiétude ici très partagée et relayée notamment par le biais d'une pétition : celle d'être mené, à partir  de la rentrée de septembre, par une cheffe d'établissement au management décrit comme « autoritaire ».

Des témoignages de salariés « en grande souffrance »

Ce terme ne sort pas de nulle part. Il revient dans des témoignages de salariés « en grande souffrance » travaillant ou ayant travaillé au sein de l'Institution Jeanne-d'Arc de Montrouge (Hauts-de-Seine) auprès de cette cheffe d'établissement. Cette dernière a été nommée pour succéder à l'actuelle coordinatrice de l'ensemble scolaire Montalembert, mais aussi pour mener plus particulièrement sa partie collège et lycée.

Dans un communiqué envoyé à l'ensemble du personnel et aux parents, la tutelle se dit prête « à entendre toutes les inquiétudes », tout en avouant avoir « du mal à reconnaître » cette communauté éducative qui pétitionne et fait grève. Si la quasi-totalité des enseignants du second degré n'ont ici pas assuré leurs cours ce mardi, sans toutefois bloquer l'entrée des lieux, ni remettre en cause la sortie à Paris programmée ce jour, « c'est qu'il y a un vrai problème, une vraie crainte que tout ce qui est fait ici soit remis en cause », souligne une enseignante. « On n'a jamais connu un tel mouvement à Montalembert», relève-t-elle.

Une directrice« exemplaire » selon une pétition de soutien en sa faveur

Décrite, dans les commentaires d'une autre pétition, en sa faveur cette fois, comme « une directrice exemplaire » qui « œuvre en faveur des élèves, des enseignants et de l'équipe éducative  de Jeanne-d'Arc dans son ensemble depuis cinq ans »,  la future cheffe d'établissement de Montalembert a eu  l'occasion de se présenter lors d'une réunion organisée le 6 mai. Cela n'a pas permis d'apaiser les esprits. « Elle a déroulé son CV, nous a dit ce qu'elle voulait faire, qu'elle serait notre pilote, notre phare... Cela nous a laissés un peu sceptiques », avoue un professeur, qui n'oublie rien des « burnout, demandes de mutation et procédures aux prud'hommes » évoqués par des collègues  de Montrouge.

Chez les parents d'élèves aussi, l'inquiétude est de mise : « Quand on a inscrit nos enfants ici, on a adhéré a un projet d'ouverture, de bienveillance, avec une cheffe d'établissement qui fait l'unanimité et une équipe enseignante très soudée, explique une maman de collégiens. On ne veut pas qu'une personne fasse tout chavirer. »

« Une lettre de mission précise » a suivre et une responsabilité « partagée »

La tutelle se veut rassurante. La future cheffe d'établissement doit s'inscrire « dans la continuité » de celle qu'elle est censée remplacer et « dans la poursuite du projet éducatif » en cours à Montalembert. Selon « une lettre de mission précise », elle « devra continuer de mettre en œuvre le projet d'établissement qui se construit avec l'ensemble des équipes ». Un « protocole de coordination » prévoit en outre que la conduite de l'Institut lui soit confiée conjointement avec la cheffe d'établissement du premier degré. « Cette responsabilité partagée et encadrée statutairement se veut une protection contre toute gouvernance solitaire qui ne correspondrait pas au projet éducatif  de la Congrégation romaine de Saint-Dominique », assure la tutelle.

Cela ne suffit pas à calmer les craintes des enseignants et des personnels OGEC (Organisme de gestion de l'Enseignement catholique), ces derniers devant être directement en contact avec la future cheffe d'établissement. « La suite du mouvement dépendra de la réponse de la tutelle », indique un enseignant. « On continuera à se manifester s'il le faut, glisse l'une de ses collègues. Même si faire grève, ce n'est pas notre ADN. »

 

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